Aux élèves du collège

Pour l’Eglise et pour la France.

Aux élèves du collège
Aux zouaves de l’Assomption
L’Assomption, 2e année, n°31 (1er avril 1876), pp.52-53.

19 mar 1876
Nîmes
Collège de l’Assomption

Les vêpres de saint Joseph sont finies… On monte au dortoir pour poser la tunique et revêtir le costume militaire. Un vigoureux coup de clairon retentit et les cent fantassins, fusiliers ou lanciers du grand collège, se précipitent sur les rangs. Notre capitaine, monté sur son coursier de bataille, tournait, retournait, faisait pirouetter et caracoler autour de nos lignes son docile cheval bai. Tout-à-coup le clairon sonne le « garde à vous! » Les rangs s’immobilisent et le T.R.P. d’Alzon s’avance, salué par nos jeunes troupes et par le ban joyeux de nos six trompettes guerrières. Le P. d’Alzon va prendre place sur une estrade, ornée de drapeaux aux couleurs pontificales, groupés en trophée. La revue commence.

Le maniement des armes, les marches, les contre-marches, les tours, les demi-tours, l’escrime à la baïonnette, tout est exécuté, je puis l’avouer sans orgueil, avec le plus grand ensemble. D’ailleurs le P. d’Alzon nous l’a affirmé. « Vos manoeuvres, nous a-t-il dit à la fin de la revue, sont superbes! Il y a longtemps que je n’avais assisté à pareille revue dans la Maison. Je tiens à vous remercier tous, les officiers comme les simples soldats, et, en particulier, votre commandant qui a su donner et maintenir un si bon esprit et une si grande discipline dans vos rangs. Oui, je suis heureux, parce que vous vous instruisez vous-mêmes, vous vous formez vous-mêmes à la discipline, et tandis que le vent est partout à la révolte, vous apprenez cette noble vertu qui fait les hommes de grand caractère: l’obéissance. Soyez de bons soldats aujourd’hui à l’Assomption, pour être plus tard de vaillants défenseurs (quelle que soit votre carrière) de notre malheureuse France et de la sainte Eglise, notre mère, que l’on persécute. » Le cri de « Vive le P. d’Alzon! » répondit à la courte allocution de celui dont nous sommes si heureux et si fiers d’être les enfants. […]

1. Extrait d’un article intitulé « Dieu et Patrie – Zouaves de l’Assomption – Revue passée par le T.R.P. d’Alzon » et signé: Un Zouave – Hyac. de Villèle.