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Le son de nos paroles frappe les oreilles ; le maître est à l’intérieur. Ne croyez pas qu’un homme puisse apprendre quelque chose d’un autre homme. Nous pouvons vous avertir en faisant du vacarme avec notre voix ; s’il n’y a pas à l’intérieur quelqu’un pour vous instruire, c’est en vain que nous faisons du bruit. Saint Augustin – Homélies sur la première épître de saint Jean.
Donne-moi la force de te chercher ô toi qui m’a permis de te trouver, et qui m’a fait espérer te trouver davantage. Saint Augustin – La Trinité (XV, 28, 51)
Assomptionnistes, nous sommes des religieux vivants en communauté apostolique. Fidèles à notre fondateur, le père Emmanuel d’Alzon, nous nous proposons avant tout de travailler, par amour du Christ, à l’avènement du règle de Dieu en nous et autour de nous.
Pour entrer dans l’esprit de l’Assomption il y a une porte et une clef. Le Royaume de Dieu, et l’amour du Christ Jésus. Pour y entrer et pour y respirer largement à deux poumons, le père Emmanuel d’Alzon notre fondateur nous a donné deux devises. « Que ton Règne vienne » et « À cause de l’amour de Jésus Christ. »
« Assomptionnistes, nous voulons être, hommes et femmes, des apôtres pour notre temps. Fidèles à la volonté du Père, nous voulons être solidaires des plus petits pour qu’ advienne un monde plus humain. Disciples du Christ, nous voulons annoncer une parole d’espérance et de salut pour que la vie l’emporte sur la mort. À l’écoute de l’Esprit, nous nous reconnaissons appelés à la communion dans l’amour afin que le monde croie que Jésus est l’envoyé du Père. » Extrait du Chapitre Général, 2005.
« Vivement les vacances ! » se dit celui qui reprend le chemin de l’école ou du travail. Alors que nos sociétés sont en grande partie structurée autour du travail, le repos est devenu une valeur de nos sociétés. Mais derrière ce mot de « repos », chacun aura tendance à mettre une signification différente. Augustin, lui, était un fervent partisan du repos… mais le repos en Dieu, vers qui notre cœur trouvera son équilibre définitif.
Les crises semblent se succéder dans notre monde, au point qu’on aurait bien du mal à en dresser une liste fixe. Si elles peuvent être néfastes et nous abattre, elles sont aussi des chemins vers l’émergence de quelque chose de nouveau. Comment les traverser, se demande celui qui doit y faire face ? Heureusement, nous ne sommes pas laissés à nous-mêmes. Pour affronter la tempête, nous pouvons compter sur l’espérance que nous mettons en Dieu, véritable boussole pour notre vie.
Dans la prière du Notre Père, nous demandons la venue du Règne de Dieu… sans souvent bien savoir ce dont il s’agit ! Le Christ n’en ayant pas donné de définition précise, les interprétations ont été nombreuses au cours des siècles. La réflexion d’Augustin nous aide à comprendre les différentes harmoniques du Règne de Dieu, en dépassant une vision trop politique, pour nous préparant à la venue du Christ.
Parmi les mystères de la foi, celui de mal n’est pas le moins redoutable. D’où vient-il ? Pourquoi nous touche-t-il ? Le mal met aussi en question la toute-puissance et la bonté de Dieu. Augustin s’est lui-même longtemps débattu avec ces questions qui sont retardé sa conversion. Progressivement, il s’est rendu compte que la principale question n’était pas tant de savoir d’où venait le mal, mais comment faire pour ne pas en être complices, tout en découvrant l’amour et la miséricorde de Dieu.
Y a-t-il une manière chrétienne d’exercer le pouvoir et l’autorité, deux réalités ambivalentes. Toutes deux peuvent être mises au service du bien commun et de la croissance de chacun, mais aussi comme des instruments de domination des uns sur les autres. La tradition chrétienne a insisté sur les notions de responsabilité et de service. L’enjeu, dans l’Église comme au dehors, est d’évangéliser les structures de pouvoir et les lieux d’autorité, ainsi que ceux qui les exercent.
Le Ve siècle voit la naissance d’une nouvelle pratique chrétienne, celle du pèlerinage. Avec la conversion de Constantin, Jérusalem se pare de sanctuaires chrétiens. Il devient courant – quand on en a les moyens –, de se faire pèlerin et d’aller visiter les lieux saints. Paradoxalement, alors même qu’il n’a jamais aimé les voyages, Augustin a contribué à poser les bases d’une spiritualité pèlerine. Tous, nous ne sommes que de passage ici-bas, à la recherche du chemin menant à la patrie céleste.
Peut-on encore croire en la vérité ? À l’ère des fake news et de la post-vérité, nous pouvons avoir le sentiment que la vérité ne serait plus qu’un concept dépassé, balayé par le relativisme et les incertitudes contemporaines. Pourtant, cette défiance à l’égard de la vérité ne sont pas nouveaux et les anciens y étaient déjà confrontés. Ils nous rappellent que l’on ne peut renoncer à la vérité, ni encore moins à la Vérité, celle qui nous rendra libres.
Tiraillées ente la multitude d’intérêts individuels divergents, nos sociétés courent le risque d’en oublier le bien commun, ce qui pourrait bien nous amener au bord du précipice. Notion centrale de la doctrine sociale de l’Église, le bien commun occupe une place importante dans la pensée d’Augustin. Pour lui, le Souverain Bien n’est autre que Dieu, lui qui se donne et se partage entre tous, sans pour autant en être diminué. Mais loin d’être abstraite et théorique, cette idée trouve une multiplicité d’implications dans la vie quotidienne.
Nos sociétés connaissent différentes manières de revisiter le passé pour mieux envisager l’avenir : évaluation, bilan, debriefing… La relecture se place à un niveau spirituel. Il s’agit de chercher les signes de Dieu dans notre vie, de discerner ses appels, et de tenter de vivre conformément à l’Évangile. Il existe dans la tradition chrétienne de nombreuses manières de procéder, comme la relecture ignacienne ou le « voir-juger-agir » de l’Action Catholique. Augustin n’est pas en reste. Il n’a certes pas systématisé de méthode précise. Mais, en scrutant ses écrits, il est possible de dégager plusieurs critères qui peuvent nous aider à revisiter notre passé, pour déceler les traces de Dieu dans nos existences. Une pratique à utiliser sans modération !
L’histoire des relations entre Juifs et Chrétiens est toujours un sujet sensible à aborder. Il est en effet impossible de les envisager sans penser aux horreurs du XXe siècle et de la Shoah. Il y a bien toute une histoire de l’antijudaïsme chrétien, des origines jusqu’à l’époque contemporaine. Deux écueils sont à éviter : celui du déni de l’histoire comme celui d’une condamnation tout azimut avec des lunettes contemporaines. Plusieurs textes d’Augustin sont en effet polémiques envers les Juifs, mais il est nécessaire de les resituer dans leur contexte et de resituer ces passages dans la polémique des Pères de l’Église contre leurs adversaires théologiques. On trouve également des ouvertures dans la théologie augustinienne d’Israël, Augustin valorisant le rôle du peuple juif dans l’histoire du salut. Finalement, les relations entre Juifs et Chrétiens sont compliquées, comme peuvent l’être des relations familiales !
Régulièrement, des diocèses ou des communautés religieuses lancent des « années de l’appel » pour stimuler la pastorale vocationnelle, au sens large ou strict du terme. Comme de plus en plus de jeunes aujourd’hui, dans des sociétés multiculturelles où la foi ne va plus de soi, Augustin ne s’est pas contenté de suivre un chemin tout tracé. Jeune homme hésitant, il a pris le temps pour écouter l’appel que Dieu lui lançait, et pour se donner les moyens d’y répondre. Ce qu’il a fait, non sans difficultés : la peur de se donner entièrement peut toujours paralyser même les cœurs les plus généreux. Son parcours peut toujours inspirer les chercheurs de Dieu contemporains !