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Honoré (Auguste) BROCHET - 1870-1948

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A l’Oeuvre de la jeunesse de Bordeaux. « Voici bientôt 4 mois que je suis de nouveau au milieu de vous par un retour aussi prompt qu'inattendu. J'ai cru opportun de demeurer simplement le gardien affligé des ruines de notre chère œuvre. La tourmente avait passé sur nos têtes, quelques esprits demeuraient encore frappés par de vagues et désobligeantes rumeurs, c'était le désarroi dans l'incertitude, l'hésitation dans les volontés, une confiance très ébran1ée dans l'avenir. Tel fut le triste état dans lequel j'ai retrouvé cette œuvre de jeunesse autrefois si attrayante et si prospère. Ne jugeons et ne b1âmons personne, la vie des œuvres ressemble fort à la vie des peuples, soumise l'une comme l'autre aux variations. Je viens vous demander d'oub1ier le passé. Le provisoire va cesser, nous avons décidé de prendre l’œuvre et de l'étabir sur les bases et les principes qui ont fait d'elle une des œuvres les plus estimées et les plus appréciées de notre ville. Dans la réunion prochaine du 26 octobre, j'aurai le plaisir de vous présenter Paul Bouveyron, Président. C'est un ami, un coadjuteur indispensable, sous le drapeau de St Augustin ».Lettre du P. Honoré à un ami. 18.10.1904.
Biographie Religieux de la Province de Paris. Un homme d'initiative remarquable.

Auguste est né le 30 avril 1870 à Olonne-sur-Mer, canton des Sables d'Olonne (Vendée). Il étudie chez les Frères des Ecoles chrétiennes et au petit séminaire des Sables d'Olonne, au diocèse de Luçon. Très tôt orphelin de père, de famille pauvre, il est pris en charge par une bienfaitrice qui a vite repéré chez ce jeune homme des qualités exceptionnelles: une nature riche en dons, un esprit vif et un dynamisme apostolique entreprenant. Tout jeune, il groupe des compagnons d'école dans une Congrégation de Marie, organise pèlerinages et processions, aménage un oratoire dans le grenier de sa mère. Auguste entre au noviciat assomptionniste de Livry-Gargan en avril 1893 sous le nom de Frère Honoré mais garde toute sa vie le pseudonyme 'Le Sablais', signe d'un grand attachement à ses origines comme au pèlerinage vendéen de Notre-Dame de Bourgenay qu'il a fait à pied la première fois en 1882 et auquel il reste fidèle chaque année toute sa vie. Au petit séminaire comme au noviciat, il met en couvre ses dispositions artistiques pour animer des séances récréatives par des illuminations de transparents coloriés. Le 21 avril 1895, il prononce ses vœux perpétuels à Rome entre les mains du P. Emmanuel Bailly. Il y fait ses études de théologie, rapides (1893-1985), ayant déjà les ordres mineurs avant son noviciat, et il est ordonné prêtre en décembre 1895 par Mgr. Lecot à Bordeaux.

Au service de la jeunesse et de l'art chrétien.

Le P. Honoré est nommé à la communauté de Bordeaux (1895-1904) où il se révèle un directeur de patronage et de cercles de jeunes entreprenant. Il y organise de grandes manifestations publiques agrémentées de spectacles artistiques dans l'ancienne salle de music hall, l'Alhambra, dont l'Assomption a réussi à s'emparer par un tour de force, grâce aux mères Franck. « Mettre Dieu partout », telle est la devise du P. Honoré, tel est aussi son combat quand vient l'heure des expulsions en 1901, d'un procès malheureux, mais aussi d'une campagne de calomnies à son sujet. Discrédité, il est même sommé un moment de partir pour Phanaraki, Louvain ou Jérusalem pour y fonder une école de Beaux-Arts! « Après avoir tout liquidé, vendu pour quelques sous aux chiffonniers, aux brocanteurs, tout ce que nous avions organisé pour l'œuvre de jeunesse au prix des fatigues et des sacrifices », le P. Honoré trouve refuge et repos au château du Rivet, près de Bordeaux pour se refaire physiquement et moralement. C'est alors qu'après de nombreux contre-ordres, il est affecté à Carnolès, près de Menton (1904-1906) où son courage lui fait recommencer une œuvre de jeunesse avec les mêmes moyens: théâtre et projection lumineuse.

Notices Biographiques A.A Page : 439/439 Soutenu par le P. Vincent de Paul Bailly, il est nommé à Paris où il va collaborer à ce service des Projections, d'abord albums, films fixes et diapositives, fondé en 1896 par le P. Bailly et Michel Coissac, puis avec le soutien d'une revue mensuelle novatrice, Le Fascinateur (1903) qui donne à l'image et au cinéma ses lettres de noblesse apostoliques dans le monde catholique. Sous le pseudonyme 'Le Sablais', le P. Honoré réalise les premiers films de cinéma religieux: La vie de N. S. Jésus-Christ, Saint Tharcisius, Les apparitions de Lourdes... Scandale de l'époque, il impose les 'gros plans'. Pendant la guerre 14-18, il est versé dans les services radiologiques de l'armée et est décoré de la médaille des épidémies. Après la guerre, avec Paul Bresdin, alias Paul Marca de la B.P., il diffuse des appareils de projection perfectionnés et lance une véritable entreprise de films chrétiens, constituant dans la crypte de François 1er un véritable stock de films cinéma grand format: œuvre du Bon Cinéma et couvre du Cinéma Parroisial. Reste également célèbre, dans ces mêmes années parisiennes, l' initiative du P. Honoré pour le théâtre populaire et chrétien, l'œuvre du Don Théâtre, quai de Passy et rue Berton, dans une maison démontable en bois ignifugé pouvant contenir 1500 personnes, attenante à une chapelle élevée et décorée par ses soins, sur un terrain en location. Les moyens sont donc réduits, mais la salle de spectacle construite en 1908 est le siège chaque année, entre 1917 et 1928, d'une quinzaine pascale animée et recherchée: on y représente le drame lyrique de la Passion, De Béthanie au Calvaire, écrit par le Père et mis en musique par Estéban-Marti, avec chœurs, orchestre et orgues. Les veillées de Nodi, suivies de la messe de minuit, font également salle comble. Le P. Honoré trouve encore le temps et l'énergie après 1918 de faire élever à Lourdes, sur l'Esplanade du domaine de la Grotte, un monument de reconnaissance à Notre-Dame de la Paix: ce monument, détruit en 1957 pour la construction de Saint-Pie X, est encore évoquée aujourd'hui par une chapelle dans la basilique souterraine. Curé en banlieue rouge. La dernière partie de la vie du P. Honoré se déroute aux Joncherolles, à Saint-Denis (1927- 1948). Préoccupé de la vie spirituelle des banlieues, le P. Honoré obtient du cardinal Dubois d'y établir un lieu de culte, Notre-Dame-de-Salut hos-les murs, desservi par la ruelle aux Bœufs. Il achète d'occasion une baraque en bois 'éverite' et la transforme en chapelle, avec pour logement, une soupente à la toiture légère dont il fait son presbytère. Peu à peu, il peut faire élever une chapelle en dur à laquelle il adosse son ancienne maison démontable du quai de Passy. Il ouvre, avec le concours de la Croix-Rouge, un dispensaire et continue sa tradition d’œuvres de jeunesse: patronages, colonies de vacances, ouvroir, bibliothèque, salle de théâtre et de cinéma. Dans la tribune, il réussit encore à monter par ses propres moyens des orgues électriques commandées du chœur. Face à l'océan, dans sa chère Vendée, il crée une cité- vacances que la seconde guerre mondiale dévaste. Le 4 avril 1946 la salle de cinéma flambe, il la reconstruit l'année suivante. Le P. Honoré meurt d'une embolie le 9 janvier 1948. Il est inhumé à Pierrefitte.

Page : 440/440 Bibliographie Bibliographie et documentation: Lettre à la Famille 1949, n° 65, p. 8 et 1958, n° 252, p. 76-80. L'Assomption 1948, n° 470, p. 13. La Croix 11 janvier 1948. Jacques et Marie André, Le rôle des projections lumineuses dans la pastorale Catholique française (1895-1914) dans Actes du colloque Domitor, Laval-Québec juin 1990. Les archives romaines contiennent un important lot de correspondances du P. Brochet, entre 1892 et 1926. (1) Cette lettre à un ami laisse suppposer que le P. Honoré Brochet est resté, au moins un temps limité à Bordeaux, en 1904, alors qu'il est dit résider à Carnolès (1904-1906).