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Façonné par le Christ

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Découvrez un chemin en 7 étapes pour vivre du Christ avec Emmanuel d'Alzon

Laisse le Christ se former en toi

Donner la barre à Jésus.

Voilà tout le travail de ma retraite : former Jésus-Christ en moi. Si je travaille lentement, à peine sera-t-il ébauché. Si je me porte avec bonne volonté, j’arriverai à une certaine vertu. Mais que dire la perfection que je puis atteindre, si laissant Jésus-Christ maître de produire une créature nouvelle en moi, je lui donne tout pouvoir sur mon être, afin qu’il le transfigure complètement en lui ? Je serai un autre Jésus-Christ.

L’indispensable Oui

Dieu crée l’homme sans sa permission ; ce ne sera pas sans sa permission que l’homme spirituel sera formé. Pour former Jésus-christ lui-même, il faut le concours de l’humble et pure créature qui lui servira de mère. Pour former Jésus-Christ en nous, il faut que nous soyions serviteurs de Dieu et que, comme Marie, nous disions : qu’il me soit fait selon ta parole.

Revêts-toi de Jésus-Christ

Paroles et actions de Jésus : prends les à ton compte

« Revêtez-vous de Notre Seigneur Jésus-Christ ». La si sainte humanité du Sauveur, voilà le vêtement qui vous est destiné. Prendre les sentiments de Jésus-Christ, les paroles de Jésus-Christ, les actions de Jésus-Christ, en faire vos paroles, vos actions, vos sentiments, ne rien faire dire ou penser que ce qu’eût pensé, dit ou fait le Sauveur sur terre, voilà, ce me semble, ce que c’est que revêtir Jésus-Christ. Prenez maintenant votre vie et mesurez-là à ce modèle. Toutefois, la propriété de ce vêtement divin consiste à pénétrer tellement ceux qu’il recouvre que tout leur être est transformé en Dieu. Le travail a-t-il commencé pour vous ? Et pourtant, depuis combien d’années avez-vous reçu la robe du baptême ? Depuis combien d’années Notre Seigneur ne descend-il pas fréquemment au fond de votre âme, pour la revêtir, l’orner, l’embellir ? Pourquoi est-elle toujours la même ?

Jésus habite en moi par la foi.

La foi doit introduire Jésus-Christ au plus intime de mon âme, comme le Saint-Esprit l’introduit en Marie. Sans doute, il y a des profondeurs dont je n’approcherai jamais, pourtant si je le veux, la foi fait pénétrer Jésus-Christ dans mon âme et l’y fait habiter. Qu’est cette habitation de Jésus-Christ en moi, sinon une sorte d’incarnation ? Jésus-Christ, qui veut être mon vêtement intime, veut régner au fond de mon âme. Quand lui donnerai-je sur mon coeur un empire complet ? Quand ne lui rendrai-je pas trop pénible le séjour qu’il veut y faire ?

L’Esprit Saint viendra en toi

Que faisons-nous pour adhérer à ce travail ? Ecoutons la réponse de Marie à Gabriel. Quand l’ange lui a annoncé la coopération de la Trinité tout entière, Marie n’a plus qu’un mot : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ». N’en disons pas davantage, car dans ces quelques mots se trouve l’abandon le plus complet de la créature aux volontés du Créateur. A nous aussi il est dit : « L’esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ». Eh bien, voulons- nous que le Saint-Esprit vienne opérer au plus intime de notre être la formation de Jésus-Christ ? Voulons-nous, à partir de ce moment, prendre ses sentiments, ses pensées, entrer complètement sous son action ? Il est là, ce divin maître. Voulons- nous qu’il se forme dans nos âmes.

Creuse ses mystères

Fixe-toi un temps sur un événement

L’étude des mystères devrait être l’étude de toute ma vie : car, par Jésus-Christ, j’apprendrai à connaître Dieu autant que nous pouvons le connaître ici-bas. Mais comme dans la vie de Jésus-Christ les mystères se succèdent à chaque instant, je puis m’attacher à tel ou tel mystère, selon mon attrait ; l’incarnation, la naissance, la vie cachée, la prédication, les souffrances, les anéantissements, la mort, la résurrection, peuvent successivement fixer ma pensée ; ou bien je puis, si je m’y sens poussé par un attrait intérieur, me fixer pour un certain temps sur un mystère particulier où je trouverai la nourriture la plus appropriée à mon âme.

Va à l’humilité de la crèche

Lèverez-vous enfin les yeux et verrez-vous l’admirable invitation qui vous est faite de travailler à la gloire de Dieu, de faire de votre vie le moyen de glorifier Dieu ? Le voulez-vous ? Allez à Bethléem, allez au Sauveur, allez à l’humilité de sa crèche, et, contemplant les anéantissements d’un Dieu fait petit enfant pour vous sauver, écriez-vous à votre tour : Gloire à Dieu qui me traite avec une bonté si grande qu’il veut mettre cette gloire à devenir mon Sauveur !

Passe de la crèche à ton coeur

Lèverez-vous enfin les yeux et verrez-vous l’admirable invitation qui vous est faite de travailler à la gloire de Dieu, de faire de votre vie le moyen de glorifier Dieu ? Le voulez-vous ? Allez à Bethléem, allez au Sauveur, allez à l’humilité de sa crèche, et, contemplant les anéantissements d’un Dieu fait petit enfant pour vous sauver, écriez-vous à votre tour : Gloire à Dieu qui me traite avec une bonté si grande qu’il veut mettre cette gloire à devenir mon Sauveur !

Ne change pas de vie mais ta vie

Or, voyez ce qui vous arrête. Lorsque les bergers eurent adoré le divin Enfant, il n’est pas dit qu’ils changèrent leur vie ordinaire, qu’ils laissèrent là leurs troupeaux pour embrasser un nouvel état. Nullement. Ils continuèrent leur manière de vivre comme dans le passé. Cependant un grand changement s’était opéré chez eux, ils avaient vu l’enfant ; et qui douterait que l’invitation qui leur avait été faite, que cette adoration de la première heure à laquelle ils furent admis, ne fut suivie de grâces immenses, qu’ils conservèrent précieusement dans leurs coeurs, et ne fut pour eux une source de salut.

Scrute ses faits et gestes

Dieu mis à notre portée en Jésus Christ

Le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous. Pourquoi ? Pour se proportionner à notre faiblesse, pour nous faire connaître de Dieu tout ce que nous pouvons en connaître ici-bas. La méditation sans Jésus-Christ est une méditation vaine : car, d’une part, Jésus-Christ est Dieu, mais Dieu mis à notre portée ; Dieu connu autant que nous pouvons le connaître par son Fils, qui nous le révèle. Mais il s’est fait chair pour nous apprendre à diviniser notre vie ; c’est pour cela que la méditation de la vie de Jésus-Christ est nécessaire. D’autre part, Jésus-Christ est homme, mais sa personne est divine ; c’est la Personne divine qui élève la nature humaine à sa propre dignité. Tout ce que Jésus-Christ a fait ici-bas étant divin, nous n’avons, pour donner un cachet divin à nos sentiments, à nos pensées, à nos paroles, à nos actes qu’à prendre modèle sur Jésus-Christ, et ce sera ainsi que, en prenant modèle sur un homme, nous rétablirons dans nos âmes l’image de Dieu, détruite par le péché.

La moindre parcelle de ma vie

Tout ce qu’a fait Jésus Christ sur la terre, il l’a fait pour notre instruction. Il n’estpas une parcelle de notre vie propre qui ne puisse se rapporter à cette vie divine, dontchaque détail nous enseigne dans quel esprit nous devons accomplir nos actions. Il n’estpas une parole à prononcer, une demande à faire, un sentiment à former, que nous nepuissions sanctifier en l’unissant aux sentiments, aux paroles, aux actes du divinMaître. Comment ai-je cherché à régler ma vie sur la vie de Jésus-Christ ? Commentai-je étudié les détails de cette vie, modèle de la mienne ? Me suis-je persuadé qu’iln’y avait en moi rien de si petit qui ne pût être relevé par une pensée surnaturelle ?

Connais-le pour l’aimer

Au plus intime de son coeur

Prenez les perfections créées : elles sont toutes en Jésus- Christ ; seulement il faut les connaître. Or, si la solution d’un problème de la science, la lecture d’un chef-d’oeuvre littéraire, la vue des spectacles de la nature, les vastes plaines, les hautes montagnes, l’immense océan frappent l’esprit et l’enivrent, quel est l’effet produit en moi par la grandeur des beautés, des perfections, des connaissances que la contemplation de Jésus-Christ renferme ?

C’est d’abord l’admiration, une admiration sans terme, sans limite, comme celui qui en est l’objet. Mais quand cet objet admirable, cette richesse sans bornes, ce trésor de perfections, cette beauté modèle de tout ce qui est beau, nous aime, se donne à nous, descend à notre néant, à notre péché, pour effacer notre péché et donner à notre néant une vie surnaturelle, et une vie toujours plus abondante, que reste-t-il à faire qu’à se précipiter, par un immense amour, à ses pieds, dans ses bras, au plus intime de son Coeur ?

Etude, amour, imitation : trois inséparables

Ainsi, telle est la merveille : l’étude de Jésus-Christ produit la connaissance du divin Sauveur : plus on le connaît, plus on l’aime ; plus on l’aime, et plus on veut l’imiter ; mais pour le mieux imiter, on a besoin de l’étudier davantage, et l’âme va s’avançant sans cesse dans ce triple effort de l’étude, de l’amour et de l’imitation. Mais voyez la conséquence : Jésus-Christ a dit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole » et il ajoute : « et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui notre séjour ». (Jean XIV, 23)
O Père, aimez votre créature, venez à elle avec votre Fils et l’Esprit qui est votre amour, faites-y votre demeure, par les mérites de ce Fils bien-aimé, et dans le temps et dans l’éternité !

Le rendre attrayant sans le trahir

L’apôtre étant chargé de porter aux hommes les ordres de Dieu, ce lui est une obligation de les porter de manière à les faire accepter, et cette vérité devra toujours me guider dans mes rapports avec les âmes, soit en public, soit en particulier. Je prêcherai Jésus-Christ. Mais comme Jésus-Christ a été enfant, homme fait, pauvre, roi, pontife, docteur, en un mot qu’il a passé par tous les états de la vie, en le faisant connaître, je le présenterai par le côté qui le fera plus facilement accepter. Ceci implique, de ma part, l’obligation la plus absolue de l’étudier, autant que j’en suis capable, selon tout ce qu’il est. L’apôtre aime celui qui l’envoie, mais il doit aimer celui vers qui il est envoyé, puisqu’il a une mission d’amour, de miséricorde.

Donne-toi tout entier

Laisser Dieu Trinité agir en moi

Or, ce règne de Jésus-Christ, par la puissance du Père nous pouvons le former en nous et autour de nous : en nous, en lui donnant un empire absolu sur nos puissances, sur notre intelligence, notre volonté, notre coeur, nos sens, et le règne absolu de Jésus-Christ en nous, c’est la sainteté ; nous pouvons former le règne de Jésus-Christ autour de nous par le zèle à le faire connaître, et cela c’est l’apostolat. Or, tout cela, comment s’accomplira-t-il ? Par un commerce avec la Sainte Trinité, semblable à celui de Marie. Jésus- Christ se formera en moi par la foi, sous l’intervention du Saint-Esprit et par l’intervention du Très-Haut. Quand, pénétré de l’honneur qui m’est fait, commencerai-je, une bonne fois, à me donner tout entier à cette merveilleuse action des trois personnes divines sur mon âme ? Or, je dois laisser la Sainte Trinité agir en moi pour y former le royaume de Jésus-Christ. Voici un ordre de contemplation tout nouveau. Je laisserai la Sainte Trinité former Jésus-Christ en moi, comme elle a formé Jésus-Christ en Marie. Et plus je serai simple, obéissant, abandonné, plus cette image de Jésus- Christ sera parfaite. Oh ! quel prodige et quand m’y perdrai-je tout entier ?

Que tout en toi lui appartienne

Le Sauveur, celui qui était mort et qui est ressuscité, celui-là même vient vers vous, il vous apporte ses pieds et ses mains, son côté ouvert, et vous dit : c’est par ces plaies que mon âme avec la vie se sont écoulées pour toi au Calvaire. Que veux-tu me rendre ? Quelle preuve d’amour veux-tu me donner ? Je veux ton âme tout entière, faisant mouvoir tes pieds pour te conduire vers moi, je veux tes mains parce que toutes tes actions doivent prendre le cachet d’une tendresse spéciale, je veux les pensées qui s’agitent dans ta tête ; la mienne couronnée d’épines pour toi te demande un sacrifice complet de tes pensées ; tu me prouveras si tu m’aimes en prenant désormais une pensée divine. Mon coeur percé par amour pour toi est ouvert, afin de recevoir le tien, si tu veux l’y mettre. Voilà comment mon âme, principe de la vie de mes pieds, de mes mains, de ma tête, de mon coeur, exige que tu m’aimes.