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Les grands axes de la spiritualité augustinienne

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« Donne-moi la force de te chercher ô toi qui m’a permis de te trouver, et qui m’a fait espérer te trouver davantage. » Saint Augustin, La Trinité (XV, 28, 51) « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en Toi. » Les Confessions, I ?1 ?1.

 

Saint Augustin peut-il devenir un ami, un guide, un exemple ? Certes sa vie peut séduire. Mais il y a plus. Pendant des siècles, l’Occident a vécu sous son influence, tantôt politique, tantôt doctrinale.

Saint Augustin peut-il devenir un ami, un guide, un exemple ?


Et s’il y a bien un domaine où il reste inégalé, c’est sa spiritualité. Non seulement Augustin est l’inventeur d’un style de vie, mais il est aussi à la source d’une voie spirituelle très féconde. Celle-ci, comme le disait le Père Goulven Madec, assomptionniste et grand spécialiste du sujet, a nourri des myriades de chrétiens au cours des âges. C’est à partir de sa conversion qu’elle a pris ses deux directions essentielles : l’approfondissement de l’intériorité spirituelle et du sens communautaire. Certes, rappelle le Père Marcel Neusch, autre assomptionniste très bon connaisseur de la question, Augustin n’avait pas l’intention de codifier sa spiritualité. C’est après coup et en comparaison avec d’autres directions, qu’on peut discerner ces deux grands axes. Au fil de sa compréhension de l’existence humaine et de sa découverte de Dieu,
Augustin y revient sans cesse. Il n’est donc pas inutile de s’arrêter pour regarder comment naît cette soif de Dieu.
Elle continue d’abreuver laïcs, religieux en communauté, mariés, célibataires. Tous veulent vivre près de la fontaine et pouvoir s’exclamer « Aimons ensemble, brûlons de la même soif, ensemble courons à la source ». (In ps. 41)

L’intériorité, chemin de vie spirituelle

«Reviens à ton cœur et de là va à Dieu. Le chemin sera court si tu commences par revenir à ton cœur…Tu te laisses troubler par ce qui se passe au dehors de toi, et tu te perds » (Sermon 311,13). Tout le mouvement de la quête de Dieu semble résumé en ces quelques lignes. Dans un monde marqué par de multiples turbulences et des bruits assourdissants, la voie augustinienne invite, pour commencer, à faire silence. Non pas un silence refuge ou peuplé d’angoisses.

 

Mais un silence plein et habité, sensible à la brise légère, à ce souffle ténu qui traverse nos existences. Souvent, nous nous demandons comme Augustin : « Où trouver Dieu ? ». Nous cherchons au-dehors, alors qu’il faudrait approfondir au-dedans. Ces premiers pas peuvent être difficiles. Comme le jeune homme ambitieux de Carthage, nous vivons de fuite en fuite, abusant des autres et inattentifs à nous-mêmes. La vraie vie ne réside pas dans la jouissance des biens ou des personnes. C’est là qu’une voix intérieure nous rejoint « Ne te borne pas à la surface ; descends en toi-même, pénètre jusque dans l’intérieur de ton coeur. Fouille soigneusement ton âme » (Sermon 53,15).

Où trouver Dieu ?

L’attente peut être longue. Elle peut même durer l’essentiel de l’existence. La sagesse ne se laisse pas trouver facilement. Il a fallu à Augustin un singulier apprentissage de l’écoute. Ainsi a pu résonner en lui cet appel à se réorienter vers Dieu :
« Aime les richesses spirituelles et tu seras comblé. Tu découvriras facilement la source si tu ouvres ton coeur. Ne crains pas d’être à l’étroit : ton trésor, c’est ton Dieu et dès qu’il entre dans une âme, il la dilate » (Sermon 177, 3).