Cher ami,
Je ferai usage des renseignements de Mme Durazzo en écrivant à Mgr Nina(1).
Les observations que l’on vous charge de me transmettre(2) sont des vérités de M. de La Palisse, mais il faudrait que, quand on veut bien donner des avis, on donnât les moyens de les mettre en pratique. Il faudrait un autre sous-directeur. Qui? L’a-t-on en poche? Et si on ne l’a pas, peut-on trouver mieux que M. de Cab[rières] ? Il faudrait que je fusse plus avec les élèves. Qui en doute? Mais pour cela il faudrait que ma santé fût meilleure. Les charitables donneurs de conseils peuvent-ils me guérir? Je pourrais m’occuper moins au dehors. Oui, si mes occupations étaient un travail et non un repos, et si je devais me dispenser d’être grand vicaire, et si, quand j’aurai donné ma démission, les donneurs de conseils voulaient se charger de l’entretien du noviciat. Il faudrait un sous-directeur religieux. Trouvez-le moi. Seulement rappelez-vous les insuccès du P. Brun, qui certes était très dévoué. L’esprit des grands n’est pas bon. Ceci date de loin et les personnes qui blâment ont leur appréciation, moi j’ai la mienne, sur les remèdes à employer pour les améliorer, avec les moyens d’action que j’ai. Faites part de mes réponses à ceux qui vous ont fait part des observations que vous me transmettez. Quant au préfet de discipline, si le préfet des études s’occupait un peu plus des études, le préfet de discipline resterait plus à sa place(3).
Je vois trop peu les maîtres. C’est vrai, plus pourtant qu’on ne pense. Du reste, j’ai annoncé que je les verrais davantage; mais n’ayant pas le don de bilocation(4), si ma récréation ne se passe pas avec les maîtres, comme autrefois, c’est que je la passe avec les religieux(5). Obtenez-moi que je sois en même temps aux deux réfectoires, et aux deux récréations, et les difficultés seront promptement résolues. Souvenez-vous que, l’an dernier, toute récréation du soir m’était un supplice. Concluons qu’au lieu de tous les il faudrait de vos vertueux conseillers, il faut un peu de patience. Demandez-la pour moi, c’est l’essentiel. Patientia autem opus perfectum habet(6).
Grande maxime: avant de donner des avis, examinez s’ils sont praticables. A cela près, ceux que vous me transmettez sont excellents et je les admire. Adieu.

