Mon bien cher enfant,
Croyez que je connais votre bon esprit, et ce n’est pas à vous que j’en veux(1), mais que peut-on faire? Quand on a, dans une visite(2), remonté les religieux comme je croyais l’avoir fait, quand on les quitte contents et bien disposés, comme je croyais vous avoir quittés, quand tous promettent de suivre la règle, s’ils ne la suivent pas, s’ils se blessent par le manque de charité, est-ce ma faute? Mon pauvre ami, cette cause, je la connais, mais la faire disparaître est bien difficile; ce sont quelques idées fausses, anti-religieuses que je n’ai pas assez combattues, cette prodigieuse facilité à juger, blâmer, critiquer, facilité si grande qu’on ne s’en aperçoit pas.
Adieu, mon cher ami. Je m’arrête, parce que je dirais plus que je ne veux en ce moment. Souvenez-vous que le quatrième commandement est bien peu observé, et ce n’est pas pour moi que je parle en ce moment.
Tout vôtre du fond du coeur.

