DERAEDT, Lettres, vol. 3, p.104

Théorie et pratique. – Le P. Cusse. – La seule influence que vous puissiez accepter est celle des supérieurs.

Mon bien cher enfant,

Le P. Cusse est arrivé et m’a remis votre lettre(1). Voyez comme j’ai l’esprit mal fait, vos distinctions entre la manière pratique et théorique m’ont fait partir d’un immense éclat de rire. Pour en finir avec Cusse, il sait beaucoup, mais c’est un esprit faux et surtout dépourvu de sens pratique pour employer votre expression. Il m’a compromis une fois à Rome et ne m’y compromettra pas deux.

Quant à vous, c’est autre chose. Vous avez les plus pures et les plus surnaturelles intentions, seulement vous subissez des influences et il suffit d’avoir deux yeux pour le voir(2). Les meilleures influences que vous puissiez accepter sont celles de vos supérieurs, et, avec le genre d’esprit que vous avez, ce sont les seules qui vous donneront la paix. Faites effort pour surmonter les petites difficultés qui se présentent et allez en paix dans une douce et confiante obéissance.

Adieu. Je vous embrasse de tout mon coeur.