DERAEDT, Lettres, vol. 3, p.174

Le souci de sa santé passe avant la joie qu’il aurait eue à la voir. – Le silence de Clichy. – Vocations de religieuses: Mlle Varin, « Nous aurons sous peu, j’espère, Marie Correnson* », Thérèse de Rocher. – Rudesse avec laquelle il mène Soeur M.-Augustine. – « N.S. me pousse à être un peu plus à lui ».

DR03_174
1325
DERAEDT, Lettres, vol. 3, p.174
Orig.ms. ACR, AD 1210; D’A., T.D. 22, n. 588, p. 241.

Nîmes, 11 nov[embre 18]59.
11 nov 1859
Nîmes

Restez à Paris, ma bien chère fille, si cela vous est utile(1). Il y aurait eu pour moi une grande joie à vous voir, mais ce n’est pas ce dont il s’agit entre nous. Votre santé d’abord.

Croyez-vous que de Clichy on ne m’a pas écrit un mot des pouvoirs qu’on vous aurait donnés, que je ratifie avec joie? Mais convenez que le procédé de leur part est singulier.

Je cherche à vous expédier Mlle Varin au plus tôt(2); elle le désire autant que vous et moi. Soeur M.-Aug[ustine] est abasourdie de la rudesse avec laquelle je la [mène], mais elle accepte cette rudesse, et je crois au fait qu’elle lui est très utile. Nous aurons sous peu, j’espère, Marie Correnson. Je sais que ses parents n’y mettront que les retards convenables. J’attends Thérèse de Rocher ces jours-ci, je verrai de vous la pousser. L’entrée de Mlle Varin a produit un admirable effet.

Adieu, chère fille. Notre-Seigneur me pousse à être un peu plus à lui. Demandez-lui de m’empêcher de lui résister. Je voudrais bien donner l’habit à Nathalie(3), mais si c’est tout de suite, ce me sera impossible. Adieu.

1. Le médecin – c’était le Dr Gouraud, ami de jeunesse du P. d’Alzon – s’opposait à ce que Mère Marie-Eugénie entreprenne le voyage de Nîmes, où elle avait projeté de se rendre pour examiner avec lui le *Directoire*. 2. A Auteuil. Isaure Varin d’Ainvelle est postulante au Prieuré de Nîmes depuis un mois. 3. Nathalie Komar, d’origine polonaise, qui sera Soeur Louise-Eugénie.