Me voilà à Nîmes depuis hier, et j’espère que mon voyage n’aura pas été le vol de la mouche du coche, ce qui me cause toujours une si grande frayeur(2).
Le P. Caussette nous donnerait à Paris, pour l’hiver prochain, un très bon prédicateur de ses religieux, et ce serait un moyen de réunion. Toutefois j’ai été peu content de lui au point de vue de l’empressement. Il m’a pourtant avoué qu’avec son nouvel archevêque l’exécution du projet serait plus facile(3). Une petite maison, une petite chapelle, voilà ce qu’il faut désirer dans le faubourg Saint-Honoré(4).
J’ai bien prié pour vous toutes, mais en particulier pour Soeur M.-Joséphine(5), Soeur M.-Marg[uerite], Soeur Jeanne-Em[manuel] et Soeur M.-Gonzague, à Sainte-Germaine de Pibrac. Il me paraîtrait imprudent de quitter le collège de Nîmes(6). En ce moment je veux le travailler, s’il est possible, jusqu’à ce que j’aie la conviction que les vocations y sont impossibles, ce que je ne crois pas.
Adieu, ma fille. Il me semble que je suis tellement vôtre qu’il me paraît difficile que vous ne soyez pas extrêmement mienne.

