J’étais à Perpignan, mon bien cher ami, quand votre lettre m’est parvenue, et je vous remercie de tous les détails que vous m’avez donnés. J’en avais su déjà q[uel]q[ue] chose par Mme la supérieure, qui avait eu la bonté de me donner l’abrégé de votre conversation avec M. L[angénieux] et de celle de son fr[ère] avec M. Ravinet(1). Reposez-vous, soignez-vous et prenez du bon temps. N’oubliez pas d’offrir mes hommages respectueux à Mme de Gouy(2). Quant à moi, je suis abasourdi de n’être pas plus fatigué de ma retraite de Perpignan, où malgré mes résolutions je me suis lancé beaucoup plus que je ne le voulais. Enfin c’est fini, et je suis tout prêt à recommencer. Mais soyez tranquille. Je me repose tant que je puis, et ainsi ferai-je jusqu’à mon retour à Nîmes qui aura lieu dans dix ou douze jours. D’ici là, je suis résolu à me donner du bon temps.
Que fait le P. Laurent? Des retraites(3)? Je pensais qu’il m’égaierait par quelques vers, comme il les fait si bien, mais point(4). Quant à notre affaire, en allant doucement, tout s’arrangera. J’en suis parfaitement convaincu. Seulement, il faudra qu’on nous voie plus souvent à l’archevêché. Les gens tiennent à être ennuyés, nous les ennuierons. Pour ne pas vous ennuyer, je m’arrête en vous embrassant tous les deux et en vous souhaitant d’être des saints.
Adieu, et tout vôtre en N.-S.

