Ma bien chère fille,
Je vais aller à B[ordeau]x, car j’ai reçu ce matin une masse de lettres que je n’ai pas encore lues(1). Nous recevrons Soeur M.-Elisabeth de notre mieux. Mme de Rocher m’écrit que Thérèse vient de refuser un très beau mariage, mais je crois, sans qu’elle me l’ait dit, qu’elle tourne les yeux vers le Carmel. Cependant, je n’en suis pas sûr.
Je suis ravi que l’on fasse prêcher le P. Laurent, mais il prêchera à B[ordeau]x. Vous avez toute autorisation de traiter la location ou la vente de Clichy. Mon Dieu, si l’on pouvait payer les intérêts de ce qui reste dû, on ferait tout aussi bien d’attendre et de voir venir, surtout si l’on peut avoir la maison de M. votre frère, quoiqu’il fallût ne s’y poser que comme dans un provisoire(2).
Je doute que notre rentrée soit bien nombreuse, mais si nous finissons cette année, j’espère que nous finirons glorieusement pour la gloire de Dieu. J’ai toujours les yeux sur M. Lévêque, mais peut-être est-ce imprudent(3)?
Votre petit prieuré me fait l’effet de bien aller. Soeur M.-Aug[ustine] est transformée. Si cela dure, ce sera magnifique; mais c’est si beau que je doute de la durée d’un si bel état. Soeur M.-Genev[iève] est réellement bien, si j’en puis juger. Soeur Fr[ançoise]-Eugénie m’assure sur tous les tons que sa santé va mieux.
Le P. Brun est parti en bien tristes dispositions, le P. Cusse est intolérable. J’ai eu avec lui une conversation d’une heure et demie, ce matin. C’est un vrai cerveau archifêlé. Quels progrès, bon Dieu, a faits sa maladie!
Adieu, mon enfant. Tout vôtre en Notre-Seigneur.

