Je pars demain pour Nîmes, ma chère fille, et si rien ne s’y oppose, je serai à Paris vendredi matin(2), peut-être plus tôt. Quand le partage sera fait définitivement, je pense que les choses s’arrangeront pour que je puisse avoir de 30.000 à 35.000 livres de rente, non pas de suite, mais dans trois ans. Entre ma soeur et moi il n’y a d’autre discussion que de nous favoriser l’un l’autre, car elle n’a pas accepté un arrangement, pour en vouloir un autre qui me donnera plus que je ne pensais. Enfin, à la garde de Dieu. Je crois que je puis compter, dans 3 ans, sur 30.000 francs sans aucune exagération et en tenant compte de l’estimation de mes voisins que j’ai consultés et qui, si je les en crois, portent le chiffre encore plus haut. Faut-il vous dire, à ma honte, que je me suis laissé aller à me perdre dans ces détails et qu’ils m’ont un peu fait oublier la pensée de Notre-Seigneur? Cependant je tiens à vous dire que je pense bien à votre retraite et que je prie pour vous. Je me réserve de vous parler, je ne puis vous écrire.
Si vous me voulez pour la retraite de vos enfants, je suis à vos ordres, car j’ai bien à faire ici pour des arrangements matériels.
Adieu, ma fille. Tout vôtre du fond du coeur.

