Bien cher ami,
Je vous fais assez souvent de mauvais compliments pour ne pas vous dire qu’outre le plaisir de coeur que me font vos lettres, je suis enchanté de la manière dont vous me rendez compte des choses. J’écris à Valadier(1) pour le remercier. Faites marcher M. Roy(2) rondement. J’espère apporter moi-même le coq et la poule crève-coeur(3) à Mme Bardonnenche, à qui j’offre mes hommages. Dites à Mlle Combié que je lui porte 355 francs pour ses petites orphelines. Je vais très bien. Offrez à Mesdemoiselles Coulomb et de Régis mes tendresses paternelles, mais veillez à ce qu’elles soient entourées de tout respect(4). Vous pouvez signifier à l’occasion que je n’entendrais pas plaisanterie là-dessus, mais ne dites cela qu’au besoin.
Ce bon P. Brun, de qui je mets ici une lettre au P. Raphaël, n’a pas pu venir ici pendant mon séjour; je le regrette. Nous eussions pu nous entendre sur bien des points. Le P. Cusse m’a écrit la lettre la plus incroyable(5). Que Dieu est bon de lui avoir fourni l’idée de nous quitter, sans nous quitter! Rien de nouveau pour la politique. Du reste, je ne suis allé qu’un seul jour à Paris.
Adieu et tout vôtre. Ecrivez à Roqueplane(6) que je serai à Lavagnac du 28 août au 6 septembre positivement, à moins d’imprévu. Adieu et totus tibi.

