Par une faiblesse que je ne comprends pas, Mme de Rocher reprend sa fille pour un mois(1). Le père est un sot qu’il faut ménager, dit-elle. Du reste, M. de Rocher promet de rendre sa fille dans un délai plus ou moins long. J’espère que ce ne sera pas au-delà de deux mois.
Je veux vous parler des bâtiments du prieuré: ils ne seront pas suffisants, l’an prochain. Pensez-vous qu’il faille songer à construire? Voyez avec vos ressources. Il est sûr que le vent tourne de votre côté. Faut-il refuser des enfants? Faut-il leur préparer des logements? Si vous n’étiez pas absorbée à Paris, je vous dirais de venir ici, vers la fin de décembre; car je vais faire quelques absences dans le diocèse, à Uzès(2), Alais(3), Le Vigan, Valbonne(4). Peut-être serez-vous à temps, en février, quand je reviendrai de Paris?
Vous m’aviez parlé de l’adoration nocturne à établir chez vos Soeurs, au moins de temps en temps. Voici ce qu’on pourrait faire. Louise Magne peut sans difficulté se coucher à minuit et se lever à 6 heures. Si une converse ou Soeur Rose-Agnès peut se lever de minuit à 2 heures, Soeur M.-Gabrielle le peut de 2 à 3 en se couchant à 8 heures, et Soeur M.-Aug[ustine] de 3 à 5 sans inconvénient. Soeur Fr[ançoise]-Eug[énie] est un peu effrayée, mais je crois qu’en mettant de temps à autre une religieuse et en faisant venir coucher Mme Doumet pour veiller à son heure, on peut très bien obtenir une nuit par semaine.
Adieu, ma chère fille. J’ai dû aller à Lavagnac, et, quoique je n’y sois resté que 48 heures, je me trouve horriblement en retard de tout.

