DERAEDT, Lettres, vol. 3, p.522

Mme de Rocher reprend sa fille pour un mois. – Les bâtiments du prieuré ne seront pas suffisants l’an prochain: faut-il songer à construire? – Proposition pour l’organisation de l’adoration nocturne au prieuré.

Par une faiblesse que je ne comprends pas, Mme de Rocher reprend sa fille pour un mois(1). Le père est un sot qu’il faut ménager, dit-elle. Du reste, M. de Rocher promet de rendre sa fille dans un délai plus ou moins long. J’espère que ce ne sera pas au-delà de deux mois.

Je veux vous parler des bâtiments du prieuré: ils ne seront pas suffisants, l’an prochain. Pensez-vous qu’il faille songer à construire? Voyez avec vos ressources. Il est sûr que le vent tourne de votre côté. Faut-il refuser des enfants? Faut-il leur préparer des logements? Si vous n’étiez pas absorbée à Paris, je vous dirais de venir ici, vers la fin de décembre; car je vais faire quelques absences dans le diocèse, à Uzès(2), Alais(3), Le Vigan, Valbonne(4). Peut-être serez-vous à temps, en février, quand je reviendrai de Paris?

Vous m’aviez parlé de l’adoration nocturne à établir chez vos Soeurs, au moins de temps en temps. Voici ce qu’on pourrait faire. Louise Magne peut sans difficulté se coucher à minuit et se lever à 6 heures. Si une converse ou Soeur Rose-Agnès peut se lever de minuit à 2 heures, Soeur M.-Gabrielle le peut de 2 à 3 en se couchant à 8 heures, et Soeur M.-Aug[ustine] de 3 à 5 sans inconvénient. Soeur Fr[ançoise]-Eug[énie] est un peu effrayée, mais je crois qu’en mettant de temps à autre une religieuse et en faisant venir coucher Mme Doumet pour veiller à son heure, on peut très bien obtenir une nuit par semaine.

Adieu, ma chère fille. J’ai dû aller à Lavagnac, et, quoique je n’y sois resté que 48 heures, je me trouve horriblement en retard de tout.