Cher ami,
Je ne sais si le P. Galabert vous aura envoyé sa relation de ce qui s’est passé pour la Bulgarie. Je vous envoie sa lettre(1), que je reçois à l’instant; vous me la rapporterez. Vous pouvez en laisser une copie au card[inal] Barnabo, en supprimant bien entendu ce qui serait supprimable. Il y a même une phrase qu’il faudrait mettre en français. Vous verrez par là que le meilleur est de hâter la nomination à l’épiscopat de Malczinski et du pope Raphaël(2).
Je vous prie de protester auprès du cardinal Barnabo contre ce que dit le P. Jérôme que nous ne nous occuperions, à Philippopoli ou à Constantinople, que des Bulgares latins(3). Jamais, au grand jamais, cette idée ne m’est venue en tête. Je laisse les Résurrectionistes aller à Andrinople, parce qu’ils m’ont demandé cette ville; mais à Constantinople et à Philippopoli, nous nous occuperons de tout ce qu’il y a de Bulgare, à moins que la Propagande n’en décide autrement.
J’arrive de Marseille, où les chaleurs empêchent d’avoir du monde; cependant, j’ai prêché à la Trinité, j’ai parlé dans deux réunions d’hommes. Malheureusement là l’intérêt se porte sur le Liban; moi, je n’ai parlé que de Constantinople. Je crois que vous pouvez retenir pour un an l’appartement Odescalchi(4), à partir du 1er novembre.
[Le reste est déchiré en grande partie].
Rappelez au card[inal] la demande d’une croix pour Alléon. Je m’arrête. Je ne sais si ma l[ettre] partira ce soir. Adieu.

