Il me faut attendre à lundi pour les plans de M. Revoil(1), ma chère fille; il me les avait promis pour hier, mais il a été absent. Nous avons un plan général, mais je ne pense pas que si le collège doit quitter le local actuel, il faille le refaire ailleurs(2). J’ai réfléchi longuement, ce serait impossible. Nous perdrions externes et demi-pensionnaires, nous n’irions plus, et ce sont les externes et les demi-pensionnaires, où semblent se former les meilleures vocations.
J’ai écrit à Mme de Rocher; pas de réponse. J’espère vous trouver l’argent pour bâtir l’aile droite du prieuré. Je vous laisserai prendre tout ce qui se vendra à Paris(3), et même quelque chose des 100.000 francs que j’y ai prêtés; mais j’ai promis trop solennellement le produit du Vigan à Constantinople pour en changer le but. La vente du Vigan est confiée à M. Sabran. J’en demande 420.000 francs, plus la maison, ce qui vaut 460.000 francs, plus le partage des bénéfices en sus. Je vendrai plus tard Montmau. Ma soeur me conjure de ne pas m’en défaire du vivant de mon père. Comme cette terre augmente chaque année de 20.000 à 30.000 francs de valeur, je ne m’y refuse pas.
Presque chaque semaine, un novice nouveau. Ce n’est pas trop mal. Adieu, ma fille. Mille fois vôtre.

