DERAEDT, Lettres, vol.5 , p. 69

Tout ce qu’il demande à Paris reste sans réponse. – A Nîmes les choses vont bien. – Demain on consacre Sainte-Perpétue. – Ne pourrait-il demander confidentiellement à l’abbé Testa ce qu’il pense du P. Jérôme? – Tâchez d’économiser.

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DERAEDT, Lettres, vol.5 , p. 69
Orig.ms. ACR, AJ 113; D’A., T.D. 32, n. 113, p. 97.

Nîmes, le 7 juin 1864.
7 jun 1864
Nîmes
Evêché|de Nîmes

Bien cher ami,

Je ne sais ce que l’on fait à Paris, je ne reçois rien depuis des siècles. J’aurais voulu une place pour le P. Jérôme aux messageries; impossible. J’aurais voulu qu’ils s’occupassent d’avoir des vocations; impossible. Que voulez-vous? Ils sont malades. Je leur demande des lettres testimoniales pour l’approbation de la règle; impossible(1).

Quant à Nîmes, les choses vont mieux que je n’aurais osé l’espérer, malgré la tristesse du P. V[incent] de P[aul]. Mais il faut laisser passer cela, comme la fureur du P. Augustin(2). Demain, 8, on consacre Sainte-Perpétue. Nous allons avoir du bruit et de la fatigue; toutefois les choses marcheront bien, puisque M. Barnouin est nommé grand-maître des cérémonies.

Je suis bien embarrassé. Le P. Jérôme nous a quittés pour aller passer deux mois à C[onstantino]p[le]. Le P. Hippolyte qui ne peut le sentir, comme lui ne peut sentir le P. Hip[polyte], m’assure qu’il ne reviendra pas. Ne pourriez-vous pas écrire à l’abbé Testa une lettre confidentielle, pour le prier de vous dire toute sa pensée sur le P. Jérôme(3)? Quant à ce que vous me racontez, c’est toujours pour moi du plus haut intérêt. Ecrivez-moi souvent comme cela. Adieu à tous. Seulement tâchez d’économiser pour q[uel]q[ue] temps: 500 francs par mois, c’est un peu cher.

Mille fois vôtre en N.-S.

1. Voir *Lettres* 2206 et 2215. 2. A la tête du collège de Nîmes, le P. Vincent de Paul n’obtenait pas les résultats escomptés et, à Philippopoli, l’irascibilité du P. Augustin faisait le désespoir du P. Galabert. 3. Le P. Hippolyte a écrit au P. Pernet le 29 mai: « Le P. Jérôme n’a aucune confiance en moi tant pour la science que pour la direction » et il a ajouté: « et je le comprends ». Quant au P. d’Alzon d’abord si enthousiaste (v. *Lettres* 2167 et 2171), un doute semble s’être infiltré dans son esprit au sujet du P. Jérôme.