Bien cher ami,
Bonne et excellente nouvelle, nous avons le décret d’approbation de la Congrégation. Les Constitutions ne sont pas encore approuvées, mais j’ai reçu les animadversiones(2). Il ne faut pas en ce moment nous trop presser; le reste viendra en son temps. Quant à moi, avec cette approbation dont je vous ferai envoyer une copie, je pense que nous pouvons aller très longtemps. Je vous en ferai adresser une copie au plus tôt.
L’évêque est arrivé hier de son voyage à Rome. C’est lui qui m’a apporté le décret. On lui a suscité ici mille misères, dont le résultat est de montrer que nous marchons au schisme par la persécution, si, ce qui est très probable, nous n’avons auparavant d’effroyables catastrophes. L’on a surpris des sociétés de sénateurs se livrant à la sodomie, le crédit public subit une crise épouvantable et les sociétés secrètes s’organisent partout.
Quant à vos peines causées par le P. Aug[ustin], que voulez-vous? Je vous enverrai bientôt quelqu’un pour le remplacer. Je vous donnerais bien le P. Vincent, de Paris, ou le P. Raphaël, mais j’y trouve le très grave inconvénient que l’un a la poitrine très délicate, l’autre l’a gravement compromise. Mais vous aurez des Frères convers, en attendant des prêtres. J’espère aussi vous envoyer la copie du mémoire présenté à la Propagande, et sur lequel on me répondra ou l’on ne me répondra pas(3).
Adieu, cher ami. Prions Dieu, ayons bon courage et convertissons-nous. Mille fois à vous.

