Je viens de passer ma soirée à lire la conversion de saint Augustin, et, avant de m’endormir, je veux vous envoyer, mon enfant, quelques lignes qu’on vous remettra, si je ne vous vois pas demain matin, avec la seconde Conférence du P. Félix. Elle est un peu serrée à certains endroits, mais je la trouve magnifique.
Saint Augustin se débattait contre Dieu. Il me semble que, par moments, vous vous débattez avec N.-S.; il me semble parfois que vous ne lui donnez pas tout ce qu’il vous demande. Il me paraît si jaloux du sanctuaire de votre âme et de la pureté, avec laquelle vous devez le chercher très uniquement! Ce mot de la parabole du festin, ou plutôt du souper de N.-S. chez un pharisien: « Mon ami, montez plus haut », retentit sans cesse à mon oreille, lorsque je pense à vous. J.-C. ne vous l’adresse-t-il pas souvent? Vous avez beau faire, Marie, Notre-Seigneur est jaloux de tous les sentiments de votre âme; il les réclame pour lui seul, il veut en être le maître, et je doute qu’il vous laisse tranquille, tant que vous ne vous serez pas donnée comme il l’entend. Mais comment l’entend-il? me demanderez-vous. Voilà bien l’embarras d’entrer dans le détail. Je ne puis que vous dire, une fois de plus: « Montez plus haut ».
Adieu, bien chère enfant. Je prie notre bon Maître de vous prendre lui-même entre ses bras et de vous faire monter aussi haut que son amour le souhaite. Bonne nuit!

