DERAEDT, Lettres, vol.5 , p. 299

Renseignements en 24 points sur le P. Augustin.

Mon cher ami,

Voici q[uel]q[ues] renseignements: 1° [Le] P. Aug[ustin] est tombé malade.

2° Il aggrave son état par ses caprices.

3° Sa maladie, multipliée par son caractère, a donné des résultats très fâcheux.

4° Le P. Galabert s’est plaint.

5° Le P. Aug[ustin] s’est plaint.

6° J’ai écrit un peu vigoureusement au P. Aug[ustin].

7° [Le] P. Aug[ustin] a demandé à partir. On lui a donné de l’argent; il en [a] emprunté, à l’insu du P. Gal[abert]; il est parti.

8° Arrivé en France, il a filé droit sur Paris. C’est à cette époque qu’il est allé chez M. Joliclerc(1). Je le présume, du moins; il faudrait le vérifier.

9° Il est rentré chez lui.

10° Il a écrit à Mgr de Nîmes, pour lui demander un celebret.

11° L’évêque m’a remis sa lettre.

12° Il m’a écrit pour demander la dispense de ses voeux.

13° Je lui ai répondu, au nom de l’évêque, qu’il n’avait été accepté que pour le temps où il serait avec nous; que, sorti, l’évêque ne le connaissait plus;

14° Que je n’avais pas le droit de le relever, en vertu des dernières conditions posées par Rome(2);

15° Qu’il s’adressât à Rome;

16° Que je ne tenais pas à le garder; que, s’il faisait une demande convenable, je l’appuierais;

17° Mais qu’en vertu des règles de la Congrégation des Réguliers, sorti de chez nous sans permission, tant qu’il ne serait pas incorporé à un diocèse, il n’avait pas le droit de dire la messe.

18° Grande surprise.

19° Déclaration qu’il ne rentrera pas, de sa part bien entendu.

20° Maintien de mes assertions, offre d’appuyer sa demande à Rome, mais refus de la faire moi-même.

21° Je lui donne un mois pour se soigner.

22° Je lui déclare que si un évêque me consulte, je parlerai de son ignorance, de son incapacité pour autre chose que pour une école, et de son caractère.

23° Son ton devient plus doux. Il demande d’ajouter trois semaines au mois accordé et annonce qu’il rentrera.

24° Je lui écris une lettre bonne et ferme, je l’engage à rentrer pour régulariser sa position; je vous écris de le recevoir.

Les choses en sont là. Sur ce procédé l’archevêché n’a rien à dire. Tout à vous.