DERAEDT, Lettres, vol.6 , p. 148

Pas de démission! – L’archevêque finira par voir qu’il y a abus de pouvoir. – Demandez l’érection de deux noviciats. – Soeur Marie du Saint-Sacrement. – Me laisserez-vous la Mère M.-Madeleine? – Cette épreuve sera salutaire pour vous-même et pour la congrégation. – Si je ne pouvais aller à Rome, le P. Picard devrait le…

Ma chère fille,

Avant tout ne donnez pas votre démission. Ce serait folie. Une Congrégation n’est pas un gouvernement constitutionnel. De grâce, restez. L’évêque a appelé tous les procédés dont on use une infamie, mais il faut savoir résister par la patience. L’archevêque doit voir qu’à la fin il y a un abus de pouvoir par trop exorbitant(1). Donc il donnera raison tôt ou tard à qui de droit. Figurez-vous que la lettre de l’archevêché pour Saint-Maur a été adressée à Chaillot, et non à la supérieure ou à Svegliati qui en est très courroucé(2).

Plus j’y pense, plus je suis convaincu que vous devez demander l’érection de deux noviciats, et, à votre place, je me dépêcherais de faire ma demande. Lyon ou Nîmes, c’est le mieux, et plutôt Lyon que Nîmes. Vous pourriez aussi prendre Bordeaux. Si vous n’avez pas loué l’ancien bâtiment, je vous conjure d’y réfléchir.

Soeur Marie du Saint-Sacrement nous a fait un de ces coups, comme elle en fait quelquefois, d’après ce que vous m’avez dit. Me laissez-vous la Mère M.-Madeleine? Je le désirerais bien.

Adieu, ma chère fille. Je prie et fais prier pour vous. Je demande à Dieu que vos forces physiques se soutiennent. Au fond, cette épreuve rendra la supérieure plus sainte et la Congrégation plus fervente. Des misères seront coupées à la racine, les mauvaises têtes mises à leur place, le gouvernement sera plus expérimenté et Dieu glorifié, croyez-le bien. La Mère M.-Gonzague fait l’admiration de Soeur M.-Gabrielle par l’énergie de ses lettres(3).

Mille fois vôtre, ma fille.