Ma chère fille,
Je vous renvoie la lettre du P. V[incent] de P[aul]. J’espère qu’il sera resté à Rome, car, il y a huit jours que je lui ai écrit dans le même sens que vous, c’est-à-dire de rester. Il me semble que ce serait très facile de vous apporter l’approbation, pourtant je le voudrais ici pour la Noël.
La supérieure g[énéra]le de Saint-Maur est arrivée à Marseille et sera demain ici. Je la verrai. Vous voyez qu’elle a bien fait de persévérer(1). Quant aux Augustins, vraiment ils dégoûteraient de s’entendre avec eux. Ne font-ils pas les fiers? Mais j’ai tort de parler ainsi(2). A la garde de Dieu! Si la chose doit s’arranger, je l’arrangerai à Rome au printemps prochain. Je ne sais pourquoi je me figure toujours que ce sera le moment favorable.
Le séjour du P. V[incent] de P[aul] à Rome m’inquiète fort peu au point de vue de la compromission. Nous sommes assez compromis, pour avoir à craindre de l’être un peu plus. Est-ce que vous croyez la petite Mante sincère(3)? La M. M.-Gabrielle m’a dit les projets de son père, qui sont qu’elle reste à Nîmes, et elle dit que son père la veut à Marseille. L’évêque est absent; je ne puis lui communiquer la lettre du P. V[incent] de P[aul]. Celui-ci m’écrit que l’on vous accuse à Rome de persécuter la maison de B[ordeau]x. J’ai écrit à Soeur M.-G[onzague] de voir avec M. Fontenau(4), si celui-ci, après avoir interrogé les Soeurs, ne pourrait pas envoyer une protestation. Le P. V[incent] de P[aul] est vraiment un habile homme, presque un trop habile homme.
Adieu, ma chère fille. Le prieuré va bien, et Soeur M.-Gab[rielle] me disait, il y a un instant, que Soeur M.-Paul se met tout à fait au pli. Mille fois vôtre, ma chère fille.

