Mon cher ami,
Vous le prenez bien à votre aise(1); et moi qui suis ruiné, et le Père Hippolyte qui est désolé, mystifié par la mort des vers à soie, qui ne laissent pas de quoi se faire enterrer. Ah! que vous êtes terrible! La brochure aura produit son effet, mais vous voyez bien qu’on aurait fini par savoir bien des choses. Toutefois cela me prouve ce que l’on peut faire par des brochures. Si Lafare est effrayé, on les fera imprimer dehors. Qu’importe le déplaisir du commissaire(2)? Quant à moi, je suis fatigué, mais uniquement parce que je me repose; ce qui prouve que j’ai besoin de beaucoup de repos. Enfin à la garde de Dieu. Le P. Hippolyte prêche, lui aussi. Félicitez de ma part le prédicateur qui a si bien parlé sur sainte Félicité et sainte Perpétue(3).
Adieu, cher ami. N’ayant pas de nouvelles, je ne vous dis rien, sinon qu’il nous faudrait quelques novices de plus et de quoi les nourrir. Les Oblates d’ici sont très bien. Je voudrais bien en envoyer une ou deux de plus, mais pour les faire étudier. Enfin, nous verrons ce qu’il y aura de mieux à faire sous certains rapports.
Je présume arriver à Nîmes vendredi matin, pour célébrer avec les Oblates la fête de leur fondation. Adieu, très cher. Mille fois à vous, du fond du coeur.

