DERAEDT, Lettres, vol.7 , p. 25

Le chemin de fer. – C’est l’esprit de foi qui nous sauvera. – Les poules du meunier mangent mon avoine. – Delpon.

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DERAEDT, Lettres, vol.7 , p. 25
Orig.ms. ACR, AI 28; D’A., T.D. 31, n. 28, pp. 17-18.

Lavagnac, 11 fév[rier 18]68.
11 feb 1868
Lavagnac

Cher ami,

Merci des lettres que vous m’envoyez, j’ai écrit hier à votre frère. Le P. Hippolyte a dans un sens raison d’être effrayé(1), mais dans un autre il a parfaitement tort. Si le chemin de fer passe dans le pré d’Arènes, ce sera la troisième fois que la Providence nous aura, depuis douze ans, sauvés à sa façon. Je maintiens que, tout en mettant toute la prudence possible à tout ce que nous faisons, il faut mettre aussi un saint entêtement à persévérer dans l’esprit de foi. C’est l’esprit de foi qui nous sauvera. Faites donc expédier le petit baril d’huile; quant aux livres, attendons le retour à Rome.

Nous avons un temps splendide, et quant à mes chagrins, je n’en ai pas d’autre que celui causé par les poules d’un meunier qui mangent l’avoine semée dans un de mes champs. J’ai sur Delpon de curieux détails: faible en version latine, il est toujours premier en grec et en instruction religieuse(2).

Adieu à tous.

1. Par la situation financière du collège de Nîmes. Quelques jours plus tard, l’économe général écrira au P. Emmanuel: « J’ai toute confiance en vous et je crois que vous pouvez sauver toutes choses… mais pas d’illusions, point de châteaux en Espagne, point de projets gigantesques, n’escomptons pas l’avenir. » (25 février). 2. Fulcrand Delpon de Clermont l’Hérault a quitté le collège l’année précédente.