Cher ami,
Merci des lettres que vous m’envoyez, j’ai écrit hier à votre frère. Le P. Hippolyte a dans un sens raison d’être effrayé(1), mais dans un autre il a parfaitement tort. Si le chemin de fer passe dans le pré d’Arènes, ce sera la troisième fois que la Providence nous aura, depuis douze ans, sauvés à sa façon. Je maintiens que, tout en mettant toute la prudence possible à tout ce que nous faisons, il faut mettre aussi un saint entêtement à persévérer dans l’esprit de foi. C’est l’esprit de foi qui nous sauvera. Faites donc expédier le petit baril d’huile; quant aux livres, attendons le retour à Rome.
Nous avons un temps splendide, et quant à mes chagrins, je n’en ai pas d’autre que celui causé par les poules d’un meunier qui mangent l’avoine semée dans un de mes champs. J’ai sur Delpon de curieux détails: faible en version latine, il est toujours premier en grec et en instruction religieuse(2).
Adieu à tous.

