Cher ami,
Soeur Louise n’a prévenu la supérieure qu’à 11 h. moins un quart et a retenu immédiatement sa place. Elle ne m’a parlé de rien, absolument de rien, qu’après que sa place a été retenue. Je crains à présent que tout ce [que] dit Soeur Félicité avec son mauvais esprit, et Soeur M[arie] de l’Annonciation avec sa bêtise, ne lui ait fait bien du mal. Soeur Thérèse, oui Soeur Thérèse, lui en a fait aussi, soit en lui passant tout, soit en l’assurant que, si elle n’était pas allée en Bulgarie, elle serait retournée chez Mlle d’Espinanon. J’admire les bonnes dispositions qu’elle a pu manifester à sa soeur, quand elle s’est vantée de l’avoir détournée de se faire religieuse. Du reste, Soeur Thérèse s’en est vantée aussi pour sa soeur à elle. Evidemment nous pouvons aller à la dérive, mais il faut pour s’y opposer tenir le gouvernail un peu plus vigoureusement(2), et je crois bien qu’après tant de bons procédés c’est la fermeté qui a effrayé Soeur Louise. Du reste, le P. Athanase même a dit ce matin qu’après avoir admirablement tenu la lingerie, depuis deux mois les choses allaient tout de travers.
Adieu et tout à vous. Je suis un peu pressé.

