Cher ami,
Rien qu’un mot. On se taira, comme vous le désirez. Mais que le premier supérieur reçoive certaines choses sous le secret, comme vous l’imposez, c’est ce que je ne puis guère comprendre et que j’accepte pourtant avec bonheur, à ce point de vue que ma responsabilité ne peut être engagée là où l’on me force à me bander les yeux(2).
On me trompe, mais l’on vous trompe aussi, j’en ai la preuve évidente. J’ajoute, l’on se trompe soi-même. La crise commence à passer. Soeur Félicité, seule, tourne au plus mal. Tâchez de la maintenir jusqu’au 1er août, puis elle deviendra ce qu’elle voudra. Dans tous les cas, elle sera une terrible croix pour les supérieurs qu’elle pourra avoir. Soeur Thérèse partie, je ne vois que Soeur Félicité qui soit montée contre la supérieure. Soeur Aug[ustine] s’apaise, mais pour combien de temps? Quant aux autres, je les crois en bonne voie, à moins de l’erreur la plus complète. Soeur M[arie] de la Présentation fait beaucoup de bêtises, mais c’est une bonne fille. Nous vous enverrons Soeur M[arie] de l’Annonciation aussitôt que nous aurons une postulante que nous attendons.
Adieu, cher ami. Tout vôtre en N.-S.

