DERAEDT, Lettres, vol.7 , p. 127

Votre lettre me comble de joie. – Les eaux me font un bien merveilleux. – Le diocèse se chargera de vos frais. – Si vos devoirs ne s’y opposent pas, prenez quinze jours ou trois semaines pour assister au chapitre. – La Congrégation de Sainte-Croix. – Programme du chapitre.

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DERAEDT, Lettres, vol.7 , p. 127
Orig.ms. ACR, AG 227; D’A., T.D. 27, n. 224, pp. 172-174.

Bagnères-de-Bigorre, 14 août [18]68.
14 aug 1868
Bagnères-de-Bigorre

Mon bien cher ami,

Votre lettre me comble de joie, de trop de joie, parce qu’il y a de l’amour-propre là-dessous. Vous faites du bien, vous vous posez bien, vous ne me dites pas si vous vous portez bien. (J’ouvre une parenthèse. Les eaux me font un bien merveilleux, surtout pour la tête. Il me semble qu’elles me rendent ma liberté d’autrefois et, si vous êtes malade l’an prochain, si vous avez pris des rhumatismes, si vous êtes nerveux, si vous avez mal à la gorge, si vous avez perdu le sommeil, si vous avez besoin d’être purgé, si, si, si…, je vous prendrai l’an prochain à Bagnères. Envoyez-y tous les gens fatigués. Je ferme la parenthèse). Pour revenir à mon amour-propre joyeux, eh bien, oui, je suis content, et, comme je ne veux pas avoir d’amour-propre, demain, jour de l’Assomption, j’irai à Lourdes et j’offrirai à la Sainte Vierge tout ce qu’il faut retrancher de ma joie, pour qu’elle soit légitime, et je garderai le reste.

Et la question d’argent? Il est convenu que, désormais, le diocèse se chargera de vos frais. De plus, j’ai écrit à la supérieure de l’Assomption de voir si personne parmi ses connaissances ne voudrait lui donner de quoi vous permettre de distribuer des cigares et faire boire les altérés.

Vous me demandez si vous devez revenir. Positivement non, tant que les zouaves seront au camp ou si les garibaldiens menacent de faire quelque coup prochain; mais si les zouaves ont quitté le camp avant le 8 septembre, si le danger n’est pas imminent à cette époque, le chapitre s’ouvrant le 8, prenez quinze jours ou trois semaines. Car, dussiez-vous être emporté par une balle ou un boulet, en cas de bataille, votre place est parmi les mourants. Puisque vous êtes bien avec M. de Charette, qui du reste a dit des merveilles de vous à Paris, dites-lui ma pensée, consultez-le, entendez-vous avec lui – toutefois, si vous le croyez prudent – et puis, agissez. Avec les indications que je vous donne, ce que vous aurez fait sera bien fait.

Tâchez de demander pour nous à Rome la permission d’élever, dans notre Propre, la fête de saint Vincent de Paul et de saint Liguori au rang de double majeur. Si même vous pouvez obtenir quelque chose de plus pour votre patron, je vous y autorise. Ceci regarde la Cong[régation] des Rites.

Je vous envoie sur la feuille ci-jointe le programme du Chapitre. Adieu, bien cher. C’est une bonne chose que d’être aux eaux. On a le temps d’aimer les gens, et je ne m’en fais pas faute ici avec vous. Tout vôtre en N.-S.

Pourriez-vous savoir quelque chose des tribulations de la Congrégation de Sainte-Croix? On dit qu’elle a été sur le point de nous venir(1).|Programme du Chapitre général de la Congr. de l’Assomption, en 1868.|1° Des moyens d’accroître la Congrégation.|2° Des améliorations à faire au noviciat. En faut-il un à Paris pour les novices plus âgés?|3° Des études.|4° Des voeux. Faut-il tendre aux voeux solennels?|5° Des rapports avec les religieuses.|6° Des fondations et des règles à établir pour faire des fondations.|7° Des moyens de prévenir les pertes matérielles.|8° Des contrats de Société à passer.|9° Des missions étrangères.|10° Des Frères convers pour les missions – vous pourriez en trouver chez vos gens.|11° Des améliorations pour l’office.|12° De la préparation du coutumier.|13° De la participation au mouvement politique.|14° De notre position à prendre en prévision du concile.|15° Du collège.|16° Des oeuvres, dont nous devons nous charger.|17° Des moyens pour développer la sainteté de la Congrégation.|18° Du cachet plus spécial à donner à l’oeuvre de l’Assomption.|Vous pouvez parler de ces questions avec des personnes de confiance. Je ne sais pourquoi si le Saint-Esprit nous fait la grâce de trouver la solution à ces questions, nous aurons beaucoup fait et nous nous serons bien établis.
1. L’information lui vient du P. Picard: « Savez-vous, avait écrit ce dernier le 12 août, que les religieux du P. Moreau ont failli se déclarer vos enfants et vous demander d’être leur Supérieur général? La question a été soulevée à Paris par les hommes les plus sérieux de la congrégation, P. Drouelle, P. Champeau, etc… Les desseins ont ensuite été modifiés à Rome. […] »