Ma chère fille,
Que je vous plains des tribulations que vous fait souffrir cette vilaine femme! Je viens de répondre à son curé et j’ai envoyé ma lettre à la Mère M.-Gabrielle, afin qu’elle en tire une copie que je la charge de vous envoyer. La proposition que je fais les surprendra peut-être, c’est de faire déclarer devant témoins envoyés ou par Paris ou par Bordeaux que Thérèse veut mourir à Auteuil, mais à condition que Thérèse dira tout. Je pense qu’une pareille pièce arrêtera bien des méchancetés. En effet, si l’on insiste encore, je suis prêt à écrire à Mgr de Paris ou à Mgr de Bordeaux pour solliciter de leur part une enquête, et peut-être pour tout prévenir ne feriez-vous pas mal d’en parler la première à M. Deplace(1).
On me dérange sans cesse. Je tiens à vous dire que Mgr de Ségur m’adresse pour les religieux un rédacteur du Siècle, converti depuis six mois(2).
Le Chapitre s’est, en effet, parfaitement passé. Le P. Picard a été chargé de rédiger le procès-verbal sur nos relations avec les religieuses. J’ai pensé qu’il connaissait plus que tout autre vos idées et qu’il les traduirait mieux que personne. Nous avons retardé la clôture du Chapitre de quarante-huit heures, dans l’espoir de vous voir(3), mais le P. Picard sera chargé de tout vous dire, et moi-même je pense aller à Paris vers le mois de février et y suppléer alors le P. Laurent pour les prédications à la chapelle.
Adieu, ma fille. Priez bien pour moi, je vous le rends du fond du coeur. Je ne puis vous dire à quel point vos épreuves me vont au fond de l’âme et me prouvent combien je tiens à vous.

