DERAEDT, Lettres, vol.7 , p. 177

Malentendu entre le P. Hippolyte et le P. Emmanuel. – Mère M.-Gabrielle va mieux. – Le P. Vincent de Paul. – Le P. Halluin. – Maze.

Cher ami,

Les cartes se brouillent entre le P. Emmanuel et le P. Hippolyte. Celui-ci avait promis pour le 15 oct[obre] 10.000 francs et de venir à Nîmes. Il n’a pas envoyé un sou et n’est pas venu. Il m’a même signifié hier, au Vigan, qu’à moins d’ordre au nom de l’obéissance il n’y irait pas. Le P. Emm[anuel] et M. Picard répondent: « Si vous nous aviez prévenus que vous ne donneriez rien, nous aurions échelonné autrement nos échéances; nous aurions été gênés, mais nous nous serions tirés d’affaire ». Voici en effet la situation. Le collège finira par 18.000 ou 20.000 francs de boni, mais l’argent est nécessaire au commencement de l’année. Le P. Emmanuel dit au P. Hippolyte: « Puisque vous manquez à vos engagements, ne trouvez pas mauvais que les 12.000 à 15.000 francs que le P. d’Alzon devait vous donner sur Montmau me soient versés au commencement de l’année, et je me charge des intérêts de la maison, aussi bien que du Crédit foncier, dont les échéances tombent plus tard ». Nous verrons ce que répondra le P. Hippolyte(1).

Si le P. V[incent] de Paul pouvait nous trouver quelques milliers de francs, il serait fort aimable. Toutefois il ne faudrait pas qu’il fît rien sans prévenir, car peut-être aurons-nous trouvé ici ce qu’il nous faut. Adieu. La M[ère] Marie-Gabrielle a été très malade. Elle va mieux, mais on eût été bien aimable si on lui eût pu envoyer du monde plus tôt. Elle s’est tuée pour faire face à tout, et le bénéfice des Eaux-Bonnes s’est à peu près perdu.

Addio, carissimo.