Mon cher ami,
L’histoire du Fr. Claude m’étonne, mais pas trop. Faites-lui comprendre de ma part: 1° que c’est une honte que, quand nos religieux s’exposent à la mort, lui ne sache pas supporter l’ennui; 2° que jamais il ne reviendra à Nîmes; 3° qu’il restera sous-diacre, tant qu’il n’aura pas passé deux ans à Arras; 4° que l’évêque est plus que jamais décidé à ne jamais donner de postes aux religieux quittant leur Ordre; 5° que ce qu’il peut espérer de mieux, c’est qu’on le garde professeur des novices au Vigan; 6° que, s’il ne marche pas, on le priera de partir de la Congrégation. Servez-lui cela par petites doses ou en bloc, comme vous le voudrez(1).
Je vous plains d’être à Paris, mais pour accompagner Drest et consorts, croyez-vous que Pernet ou [le] P. Germer en soient capables(2)? Ici, nous n’avons plus le sou et jusqu’à la rentrée nous sommes exposés à tirer le diable par la queue. La moitié de l’année dernière nous est due ou à peu près.
Adieu, cher ami. Courage! Le P. Halluin patientera(3). [Le] P. François est dans son lit. Réellement, nous sommes sur les dents. Dieu aura pitié de nous, quand il verra que nous faisons ce que nous pouvons. Mille fois à vous.

