DERAEDT, Lettres, vol.8 , p. 494

Leçon à faire au Fr. Claude – Varia – Nous sommes sur les dents.

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DERAEDT, Lettres, vol.8 , p. 494
Orig.ms. ACR, AE 354; D’A., T.D.25, n.354, p.302.

Nîmes, le 23 août 1870.
23 aug 1870
Nîmes

Mon cher ami,

L’histoire du Fr. Claude m’étonne, mais pas trop. Faites-lui comprendre de ma part: 1° que c’est une honte que, quand nos religieux s’exposent à la mort, lui ne sache pas supporter l’ennui; 2° que jamais il ne reviendra à Nîmes; 3° qu’il restera sous-diacre, tant qu’il n’aura pas passé deux ans à Arras; 4° que l’évêque est plus que jamais décidé à ne jamais donner de postes aux religieux quittant leur Ordre; 5° que ce qu’il peut espérer de mieux, c’est qu’on le garde professeur des novices au Vigan; 6° que, s’il ne marche pas, on le priera de partir de la Congrégation. Servez-lui cela par petites doses ou en bloc, comme vous le voudrez(1).

Je vous plains d’être à Paris, mais pour accompagner Drest et consorts, croyez-vous que Pernet ou [le] P. Germer en soient capables(2)? Ici, nous n’avons plus le sou et jusqu’à la rentrée nous sommes exposés à tirer le diable par la queue. La moitié de l’année dernière nous est due ou à peu près.

Adieu, cher ami. Courage! Le P. Halluin patientera(3). [Le] P. François est dans son lit. Réellement, nous sommes sur les dents. Dieu aura pitié de nous, quand il verra que nous faisons ce que nous pouvons. Mille fois à vous.

1. Le Fr. Claude Lherisson a quitté Arras…parce qu’il s’y ennuyait et est arrivé à la rue François Ier. 2. Pour accompagner des condamnés à mort dans les fossés de Vincennes. Il s’agit sans doute des hommes impliqués dans l’affaire de la Vilette où le 14 août une bande armée avait attaqué une caserne de pompiers. Il y avait eu des morts dont un enfant de cinq ans qui passait par là. 3. Car on ne peut lui fournir les religieux dont il a besoin.