Ma chère cousine,
Rassurez-vous. Les cris contre Maurice(1) sont de tous les pays. Cela passera comme autre chose. Quant au séjour de votre fils à Rome, je n’ai aucune inquiétude. On veut s’emparer des états du Saint-Père, mais avec de telles forces que toute résistance soit impossible. Nous aurons la République, mais une république très douce. Puis…, à la volonté de Dieu! L’essentiel, c’est d’être catholique. Je trouve que vous feriez bien mieux d’aller à Montpellier, mais vous savez que je n’ai pas de conseil à donner là-dessus.
Nous avons le P. Vincent de Paul et le P. Pernet à Metz(2); ils ont assisté aux batailles, ils sont chargés d’un millier de blessés. Quatre autres(3), le P. Emmanuel en tête, sont au camp de Châlons, ils donnent des absolutions en masse. Le P. Picard accompagne Drest dans les fossés de Vincennes, quand on le fusillera. Il paraît que l’on veut faire durer le plaisir et qu’on lui en réserve un par semaine, afin d’effrayer salutairement la population de Paris.
Adieu, ma chère cousine. Mille fois à vous en Notre-Seigneur.

