DERAEDT, Lettres, vol.9 , p. 63

21 may 1871 Lavagnac BAILLY_VINCENT de Paul aa

Enfin vous voilà hors de Paris – Et le P. Picard ? – Orphelins – Une fatigue insurmontable.

Informations générales
  • DR09_063
  • 4289
  • DERAEDT, Lettres, vol.9 , p. 63
  • Orig.ms. ACR, AG 285; D'A., T.D.27, n.280, pp.234-235.
Informations détaillées
  • 1 CELEBRATION DE LA MESSE PAR LE RELIGIEUX
    1 FATIGUE
    1 ORPHELINATS
    1 ORPHELINS
    1 PENSIONS
    1 REPOS
    1 VOCATION RELIGIEUSE
    2 BAILLY, EMMANUEL
    2 FRANCK, MARIA-FRANCESCA
    2 HALLUIN, HENRI
    2 PICARD, FRANCOIS
    2 PUYSEGUR, MADAME ANATOLE DE
    2 VARIN D'AINVELLE, MADAME J.-B.-FELIX
    3 LAVAGNAC
    3 MONTAGNAC
    3 PARIS
    3 VERSAILLES
  • AU PERE VINCENT DE PAUL BAILLY
  • BAILLY_VINCENT de Paul aa
  • Lavagnac, 21 mai [18]71.
  • 21 may 1871
  • Lavagnac
La lettre

Mon cher ami,

Enfin, vous voilà hors de Paris(1). Je respire. Et le P. Picard? Il y a quatre jours, j’ai dit la messe pour lui et pour vous. Il me semblait qu’il me tintait quelque chose dans les oreilles.

Je veux très peu de choses en fait d’orphelins et orphelines. Mme Franck m’a écrit, mais le P. Halluin m’a écrit de son côté. Je prendrai ce qu’on me donnera. A 300 francs par an jusqu’a 15 ans, j’en prendrai tant qu’on voudra. Quant aux orphelines, il y a évidemment à ce prix des bénéfices à faire; j’en suis très parfaitement convaincu. Je préfère me charger de quelques enfants bien abandonnés, dont nous serons maîtres. Du reste Madame Varin prendra tant qu’on voudra des orphelins. A Montagnac j’ai vu la maison de Saint-Vincent de Paul fondée par ma soeur; elles ont près de 20 orphelines à 100 francs. Jugez si elles les prendraient à 300. Figurez-vous que tant d’argent me répugne, il me semble que c’est trop.

Je suis à Lavagnac, sous le poids d’une fatigue dont je ne puis me remettre. Pourtant je ne suis pas malade, mais je ne suis pas fameux. Je vous préviens que votre frère est fatigué. Trouvez-nous donc des vocations. Adieu. Je suis bref, parce que je meurs de sommeil, et il n’est pas 11 heures du matin.

E.D'ALZON.
Notes et post-scriptum
1. Vincent de Paul a écrit de Versailles à son frère, le 17 mai. Il a pu quitter Paris "avec un passeport de fumiste belge".