Cher ami,
Je viens de lire votre discours. Laissez-moi vous en féliciter sur le champ. J’espère que l’on sera content ici, ou plutôt ils seront très mécontents. On leur escamote tout, surtout le talent; c’est l’unique raison qui fait qu’ils en manquent. Pourriez-vous obtenir pour moi le projet de loi sur les associations et me l’envoyer? Que vous dirai-je de Nîmes? Les protestants nous font des avances au sujet de la souscription pour la libération du territoire. Blanchard est pour accepter, le préfet contre; Barnouin [et] l’abbé de Cabrières aussi; Henry, Arthus de Cab[rières], Brunel, Viviez, Dufaut sont pour; je suis avec eux et Blanchard(1). Ci-joint la note qui va paraître et par laquelle les curés déclarent un projet que vous découvrirez, si vous savez lire entre les lignes. J’ai lavé la tête à l’abbé Edmond Chapot, de façon a porter un léger trouble au camp du lapin blanc(2).
L’abbé Barnouin s’occupe de faire ériger sa succursale de Saint- François de Sales en cure. Les papiers sont au ministère, il vous conjure de l’appuyer et de faire de lui un curé inamovible. Bien que sa cambrure le rende peu muable, quand il ne veut pas bouger, pourtant il n’est pas fâché d’avoir pour lui l’appui de la loi contre toute modification possible.
Adieu, cher ami. Bien tendrement vôtre.

