Monsieur,
Je suis si profondément convaincu de ce que vous dites qu’après avoir assuré le succès du collège que j’ai fondé à Nîmes, je m’en retire, ces jours-ci, pour aller m’établir au milieu d’une association d’une centaine de jeunes gens, à qui je voudrais communiquer les vrais principes(1). Peut-être chercherais-je à creuser un peu plus profondément que vous, c’est-à-dire, que sous les principes de la famille, de la société et même des commandements de Dieu, je chercherais l’action de Dieu même. Déjà M. de Butenval(2) affirme le péché originel, ce fait qui jette de si lugubres et de si fécondes clartés sur la nature humaine et sur J.-C., son réparateur. Il ne faut point oublier une parole de Pie IX à Mgr Mermillod: « L’Eglise pose les principes, elle en laisse les applications aux hommes« . Trop souvent on a confondu les principes éternels avec les applications humaines, et, dès lors, nécessairement infirmes. Quand une société a usé ses applications soit par la vétusté, soit par de fatales déviations des principes, il faut remonter à la vraie source pour retrouver l’élément divin qui fait la vie des peuples.
Pour moi, je me permets de trouver votre oeuvre admirable, non qu’elle soit complète à mes yeux, mais parce qu’elle me semble une préparation providentielle à quelque chose de meilleur. Vous n’indiquez pas dans votre brochure le bureau où l’on peut s’associer à votre oeuvre, mais probablement vous le ferez connaître dans une prochaine publication. Veuillez, en attendant, me mettre au nombre de vos souscripteurs et recevoir, avec l’expression de ma plus ardente sympathie pour vos travaux, l’hommage de mes plus respectueux sentiments.

