Ma chère fille,
Je vous remercie bien de la copie de la lettre que vous m’envoyez(1). La lettre est parfaite. Vous avez de plus la bonté de me mettre au courant de tout. Le pauvre P. Picard croyait m’avoir tout dit, et je ne savais rien. Vous me campez d’une façon très précieuse. Merci(2).
Je crois, en effet, à une trombe passagère, mais c’est un avertissement. Ne pourrait-on pas savoir par l’abbé Sauvage les dispositions de la nonciature(3)? Je ne les crois pas favorables pour bien des raisons. Pourtant le Pape a chargé un prêtre, il y a deux mois, pour l’évêque de Nîmes, et pour moi(4); ce prêtre me l’a assuré. Ce sont de très précieux témoignages. Vous êtes la première à qui j’en parle.
Le temps archi-scirocco que nous avons me fatigue très fort et me force à m’arrêter.
Bien tendrement à ma vieille fille.

