Je ne puis vous dire, mon cher ami, la joie que m’a causée votre lettre du 3 sur les pèlerinages, la consternation de l’archevêque, la fondation de la revue des dits pèlerinages, la nomination des évêques et la fondation des universités(1). Nous vous procurerons des abonnés et nous vous enverrons des récits. Je vais écrire à l’abbé Joannin(4), aumônier de l’hôpital général, directeur de l’oeuvre de Notre-Dame de la Salette à Nîmes, afin qu’il organise le pèlerinage nîmois. Vous pouvez lui en écrire, de ma part.
2.500 pèlerins partent lundi de Nîmes pour Lourdes. On a dû en refuser. Les croix(2) ont produit à l’Espérou un particulier effet. Des protestants étaient montés en assez grand nombre. Or, ayant refusé les croix, on a pu savoir qui est catholique et qui ne l’est pas. Il est à présumer que, l’an prochain, ils brilleront par leur absence. Toutefois il en est qui, pas plus tard qu’hier, ont voué leur enfant à la Sainte Vierge, avec promesse de le porter à l’Espérou trois ans de suite. Je crois l’Espérou destiné à obtenir des grâces de conversion pour les hérétiques.
Je vais me mettre en quasi-retraite pour trois mois. Je suis réellement fatigué, j’ai surtout besoin de repos. Veuillez dire au P. Picard que ses 300 francs me sont parvenus. Nous faisons deux excellentes acquisitions: Gustave Goubier et un professeur, M. Golfin. Ceci pour le P. Picard seul. Nous donnons l’habit à Golfin le 14 août, Gustave attendra un peu plus. Nous donnons l’habit à Bachelier (Fr. Edouard) et à Romanet (Fr. Michel). Deux des Châteaux vont arriver(3). Le P. Hippolyte en tient deux en réserve pour le mois d’octobre.
Adieu, très cher, et bien tendrement vôtre.
E.D’ALZON.
Trouvez-nous, vous aussi, des vocations. Demain, vous aurez le récit du pèlerinage de Notre-Dame de l’Espérou.

