DERAEDT, Lettres, vol.10 , p. 345

Donner aux Oblates la mission d’obtenir par leurs prières des vocations aux religieux de l’Assomption.

Ma bien chère fille,

Je ne sais pourquoi je comptais sur votre visite, mais peut-être est-il meilleur que vous ne soyez pas venue. Je vous écrirai ce que je vous aurais dit.

Depuis quelque temps, je suis préoccupé de donner aux Oblates une mission plus spéciale par rapport aux religieux et aux oeuvres de l’Assomption. Or, en lisant dans les Etudes du P. Danzas sur les temps primitifs des Dominicains(1), ce qu’il dit sur le bienheureux Jourdain de Saxe, je trouve qu’il avait fondé à Bologne le couvent de Sainte-Agnès destiné surtout à obtenir des vocations à l’Ordre de Saint-Dominique. Il écrit sans cesse à la bienheureuse Diane, supérieure de ce couvent, pour lui apprendre les recrues qu’il a faites, grâce, dit-il, aux prières de ses filles(2). Il la conjure de continuer en même temps de remercier Dieu de tous les novices qui prennent l’habit. Pourquoi ne vous proposeriez-vous pas un but semblable? Car si vous avez été fondées pour être nos auxiliaires dans les missions, vous devez demander pour nous de saints missionnaires, et si par vos prières, vos pénitences, vos communions, vos bonnes oeuvres, vous toutes, mes filles les Oblates, vous établissez avec nous de plus intimes liens de famille, ne peut-on pas espérer que Dieu en sera glorifié? Ceci me préoccupe depuis quelque temps. Ce que je vous dis est un germe. S’il vient de Dieu, il se développera peu à peu et donnera de grands fruits, grâce à la bénédiction d’en-haut.

Pensez-y bien, vous m’en direz votre avis. Les Oblates me font l’effet d’être à un moment très important de leur formation(3). Je désire ne pas me tromper, mais si elles commencent bien l’année ecclésiastique avec l’Avent, elles ne peuvent que grandir de façon à être réellement bénies de Dieu.

Adieu, mon enfant. Le P. Emmanuel vous donnera la réponse à vos demandes. A dimanche.