Nous avons déjà rendu compte(2) des discours prononcés à Nîmes, dans le cimetière protestant, à l’enterrement de M. le Pasteur Cazaux; mais des faits nouveaux nous sont révélés, et ils sont de telle nature que nous nous croyons obligé d’adresser quelques questions à M. le ministre de l’Instruction publique:
1° Est-il vrai, comme le prétendent à Nîmes certaines personnes, que si tous les élèves catholiques de l’école normale et du lycée ont été obligés d’assister à un enterrement(3) où ils ont dû entendre les paroles les plus étranges pour leur foi, c’est grâce à un ordre de M. le ministre lui-même? Nous ne croyons pas le premier mot d’une pareille inculpation; mais comme on la fait circuler dans un certain public, nous croyons être agréable au chef de l’Université en lui fournissant l’occasion de dégager sa responsabilité auprès des pères de familles catholiques et de rechercher les auteurs d’une accusation aussi grave;
2° Est-il vrai que dans une partie non imprimée de son discours, M. le pasteur Viguié ait loué M. Cazaux de sa polémique contre l’évêque de Nîmes, et M. l’aumônier catholique du lycée, de sa tolérance? Il y a sans doute là un fait calomnieux, et nous trouvons bon de le signaler à M. l’aumônier;
3° Est-il vrai que M. le proviseur du lycée ait, en présence des élèves catholiques, déposé une couronne sur le cercueil de M. Cazaux, en affirmant que son âme était déjà au ciel(4)? Quel effet ce bref séculier de canonisation a-t-il produit sur les élèves catholiques?
Le journal qui a reproduit les discours de M. Viguié et de M. le proviseur Joubin, n’a pas cru devoir répondre aux protestations indignées d’un père de famille catholique; il est donc nécessaire d’adresser ailleurs nos questions, et nous sommes inébranlablement résolus à les réitérer jusqu’à ce qu’une réponse convenable nous ait été faite.
Du reste, nous avons bien d’autres questions à adresser à propos du même scandale; mais nous les réservons pour le moment opportun. L’université unie au rationalisme protestant nous fournit une trop belle occasion de la faire connaître sous un jour nouveau pour que nous n’en profitions pas.

