Bien cher ami,
Voilà donc notre saint évêque endormi dans le sein de Dieu(1). A vous à nous aider à avoir un bon successeur. Je propose ou l’abbé Gay, de Poitiers, ou l’abbé Guyol(2), de Marseille, ou l’abbé Gervais, v[icai]re g[énér]al de Bordeaux. Blanchard disait à Daudé: « Avant tout, pas d’évêque de pacotille ». Je suis mille fois de cet avis. Vous savez ce que je vous disais avant-hier: « Je suis résolu à ne faire aucune opposition politique ». J’ajoute que je ferai toute celle dont je suis capable, si nous avons un évêque qui ne soit pas dans nos eaux. Vous pouvez beaucoup auprès de Buffet(3), obtenez qu’il nous donne quelqu’un selon notre coeur. Je ne tiens à personne, en particulier, je tiens à un choix catholique et point libéral. Un évêque de cette nuance mettrait le feu aux quatre coins du diocèse, et ce n’est pas moi qui l’éteindrais. J’écarte avant tout Tarentaise, Rodez, Mende, et, à Paris, Le Rebours(4).
Si Boyer peut quelque chose sur Dufaure(5), parlez-lui, s’il n’est pas trop courroucé. On met, à la Gazette de France, le curé de Carpentras en avant(6); je le trouve bien insuffisant. On n’a pas encore nommé les vicaires capitulaires(7), mais je suis résolu à ne pas accepter si l’on ne nomme pas M. Clastron, et, de plus, mille fois plus résolu à n’être pas grand-vicaire du futur évêque. J’ai besoin de repos.
Adieu et bien tendrement vôtre.

