Ma chère fille,
Merci, encore une fois, de tout ce que vous faites(1). Il est triste de voir les choses traitées si humainement. Nous avons été menacés de Callot(2), d’Oran. Le nonce, paraît-il, proteste. Mais où irons-nous, si Oran nous est donné? A l’instant j’apprends que Besson nous est donné, si le nonce s’y résigne. J’écris à Antonelli que je réponds de Besson(3). Le cardinal(4) en a parlé favorablement à Meglia. Ce n’est pas l’idéal, mais c’est le meilleur, même que Saivet, cacochyme, et Terris, écarté du reste de Nîmes par son métropolitain. Donc, puisque Gervais est irrévocablement écarté, prenez Besson et poussez-le. Il m’a écrit une lettre très belle, dont j’ai envoyé copie au nonce.
Adieu, ma fille. Puis, prions Dieu. Je vous assure devant Notre-Seigneur que je ne tiens à personne qu’à celui qui me semble préférable, non pour moi, mais pour l’Eglise de Nîmes en particulier et pour l’Eglise de Dieu en général.
Bien vôtre en Notre-Seigneur.

