Cher ami,
Je partage tous vos ennuis. Ce n’est que sur l’assurance du [P.] Picard que le P. Alexis venait à Nîmes avec la plus grande répugnance que j’ai consenti à le mettre à Nice, avec les alumnistes d’humanités. Fallait-il sacrifier Saint-Omer et environ 70.000 à 80.000 francs, sans compter les dons pour l’entretien et la masse de vocations de ce pays? Du reste j’envoie, comme vous le désirez, votre lettre au P. Picard(1).
Il m’est arrivé un accident hier. En contant aux enfants une histoire de revenants, j’ai poussé un cri qui m’a causé immédiatement une douleur au foie. Je n’ai pas pu dire la messe ce matin, j’espère la dire demain. C’est comme lors de notre voyage de Nîmes à Paris, il y a trois ans(2).
Mais vendez Montmau, vendez le Vigan. Quant aux lettres qu’on me reproche, M. Besson insistera moins pour m’avoir pour grand-vicaire. Je crois que je fais bien de m’arrêter. Croyez, cher ami, que si le nouvel alumnat n’était pas venu tout compliquer, rien n’était changé.
Bien tendrement à vous.
E.D’ALZON.
Quant aux cris causés par ma lettre, tant mieux! Je me rends impossible comme grand-vicaire.

