Mon bien cher ami,
J’ai reçu hier soir votre lettre, je me hâte d’y répondre. J’ai fait prévenir P. Francesco(1) de se préparer à partir; quant à Fr. Ivan, il nous est encore nécessaire, mais dès que je serai débarrassé de Montmau, vous aurez Fr. Luigi, dont je suis toujours très content au point de vue de la piété. Fr. Ivan doit attendre encore 14 mois, avant d’être prêtre. Le P. Pierre, avec qui il est ici, le trouve très intelligent comme professeur; je ne m’en serais pas douté, mais il paraît que c’est ainsi.
Pour l’ex-Père Jean-Marie, vous en êtes débarrassé, puisqu’il ne se sent le courage ni de se faire trappiste, ni d’aller à Andrinople. Je ne crois pas qu’il soit guérissable et j’aime mieux qu’il n’accepte pas.
Je ne pense pas que nous puissions de suite aller à Odessa(2), mais c’est une question à examiner; n’en parlez à personne. Je saurai bien des choses sur cet article peu à peu(3), mais il est très important d’aller très lentement. Il faudrait surtout sans affectation exclure l’élément polonais et attirer l’élément russe; ce qui, je crois, sera très difficile mais non pas impossible. Hélas! oui, je voudrais vous envoyer des Oblates, mais personne ne peut donner ce qu’il n’a pas. Sauf Soeur M.-Christine, je ne vois personne à vous envoyer. Ce que vous constatez de l’amélioration de l’esprit religieux des Oblates à Constantinople, je le constate également à Nîmes. J’espère quelques bonnes vocations, mais cela va très lentement.
Adieu, bien cher ami, et tendrement à vous.

