Cher ami,
Nous sommes de singulières gens. Je lutte pour diminuer mon pouvoir, vous pour le maintenir et même l’augmenter. Du reste, je suis de votre avis, je vous l’ai déjà écrit hier.
Il y a dans ce que vous me dites de la supérieure générale quelque chose que je ne comprends pas bien. Au fond, vous êtes, je crois, de mon avis dans ce que je vous ai dit sur la Mère Thérèse-Em[manuel](1). Je crois que quelquefois vous cassez un peu les vitres, mais est-ce à moi à le dire? Pour l’affaire du voyage de Rome, je partage votre manière de voir(2).
Sainte Thérèse, pour sa réforme, se fit donner un Commissaire apostolique, qui longtemps fut un Dominicain. Au fond, je ne parlerai plus des assistants généraux et je chargerai les religieux de telle ou telle chose. Pour les réunions dont je parle, j’en dirai un mot que l’on consignera au procès-verbal, et si le Chapitre, sans émettre une décision, approuve par manière de conversation, ce sera à merveille. Ne pensez-vous pas qu’au sujet des Ligues, Unions, etc., nous avons une force immense en reprenant tout simplement les Tiers-Ordres en sous-oeuvre?
Je m’arrête. Le courrier de ce soir m’apportera probablement l’effet produit par ma lettre au P. François. Quelle merveille que la Providence nous tienne suspendus par un fil! Quatre ou cinq voix sauvent ou perdent la France(3). Profitons-en par tous les moyens en face de la Révolution.
Adieu, et tout à vous.

