Donc nous sommes ou plutôt ils sont battus et rebattus(1). Il fallait s’y attendre. Ils n’ont pas voulu de Dieu, Dieu les plante là. A Ribérac, chez Fourtou, on avait invité le curé au déjeûner Mac-Mahon. Mac-Mahon l’a refusé. Embarras de Mme de Fourtou. Le curé, en homme d’esprit, l’en a tiré par une lettre sèche de refus. L’évêque de Périgueux, qui a fait faire les prières malgré tout, a dit à Mgr de Cabrières: « Si j’avais su, j’aurais moi aussi refusé »(2).
Enfin ils sont battus. Ici l’organisation a montré ce qu’elle peut. Baragnon avait été écarté par 4.000 voix, il en a plus de 2.000 [de majorité]. Au Vigan, l’organisation a fait baisser la majorité de Pellet de 2.000 à 200(3). A Montpellier, on est battu, mais Brignac me disait hier: « Partout les bons ont gagné des voix, et les Comités conservateurs voyaient les vieux remplacés par les jeunes, preuve qu’il y a encore à espérer ». Il faudrait s’occuper sérieusement de la réorganisation. Si pendant un an les curés pouvaient former un groupe de huit à dix hommes, dans deux ans ce groupe, dans les villages, serait de 50 et bientôt de 100. C’est ce que fait M. de Cabrières et ce qui, en bien des endroits, lui réussit; mais il n’est pas seul, il faut les curés et il y en a tant d’apathiques.
Le Pèlerin ne pourrait-il pas prêcher une croisade de prières? Cela deviendrait contagieux et cela finirait par prendre, croyez-le. Addio. Si vous êtes content des méditations, dites-le. Sinon, dites-le aussi, je m’arrêterai(4).
Adieu. Totus tibi.
E.D’ALZON.
Un abonnement pour Mlle de Mérignargues, rue de la Madeleine, 28, Nîmes (Gard).

