Cher ami,
Je n’irai point à Lille, je ne suis pas encore en état de reprendre mes allures. Si M. de Caulaincourt m’attend, veuillez lui faire savoir de la manière la plus gracieuse que, malgré mon bon vouloir, je ne profiterai pas de son offre.
Il me revient de plusieurs points de la France que le Pèlerin est un peu trop polichinelle, arlequin(2). Je n’ose pas me pron[on]cer, parce que je n’ai pas de tact pour cela. Mon prône du curé de 97 ans(3) peut y être pour quelque chose. Mon article dans l’Assomption sur saint Baudile a soulevé des fureurs(4). C’était mon intention, et je n’ai pas manqué mon but. Il paraît qu’aujourd’hui il faut être plus sérieux.
Mes lettres au P. Picard sont les pages d’un article pour l’Univers que je le prie de faire copier lisiblement et d’envoyer à l’Univers*. Oh! l’agréable temps que celui de la campagne! On écrit, on écrit, on écrit. Ca coule, parce qu’on n’est pas dérangé. Je vous ferais un volume par mois, si vous me dispensiez des visites.
Je ne vous en dis pas davantage. Hélas! vous avez raison. Nous nous en allons. Où allons-nous, et qui viendra après nous? Bonsoir.

