Bien cher ami,
J’ai été interrompu pendant que je vous écrivais ce que j’envoie, par quatre ou cinq visites au moins. Cela ne doit pas trop avoir le sens commun. Enfin, je n’ai pas eu plus de temps. Que de choses à faire ici! Et comme, à chaque instant, il y a à tenter quelque chose de nouveau! Je me fais des amis sérieux. Des cardinaux me poussent à avoir une maison à Rome. Je n’ose pas dire que le bon moment serait si le Pape en partait. On aurait des appartements pour rien, on y prendrait pied. A son retour, le Pape nous trouverait établis en de bonnes conditions. Quoi qu’il en soit, je voudrais bien trouver une maison avec trois ou quatre chambres de reste, afin d’en faire le bureau des futurs pèlerinages. En établissant une séparation convenable, cela pourrait avoir l’avantage de nous faire connaître.
Votre rapport est réussi, je le fais lire(1). Peut-être vous adresserai-je une lettre pour insérer, si vous le jugez à propos. Je ne sache pas que de Mun et sa troupe aient produit grand effet. Son discours lui a fait une auréole, mais on ne parle pas, que je sache, de l’accueil qui lui a été fait. Si l’on en dit quelque chose à Paris, faites-le moi savoir. Chigi a été très bon pour eux, et puis voilà.
Que dites-vous des deux, trois ou quatre femmes de Crispi(2)? Comme cela explique bien des choses!
Adieu. Totus tibi.
E.D’ALZON.
L’idée de nous rapprocher des Augustins me poursuit comme une tentation, j’ai peur de trop désirer leur église.

