Mon cher ami,
Je me suis bien mal expliqué avec le P. Picard, s’il a compris que je n’avais pas reçu votre lettre. Je l’ai reçue, mais je n’y ai pas trouvé grand’chose; voilà ce que j’ai voulu dire(1). Du reste, nous nous reverrons bientôt. Je ne repousse pas l’idée du journal quotidien, seulement je demande des garanties. Un journal qui, laissant les controverses, poursuivrait une idée pratique selon les circonstances, toujours sous l’idée générale de la défense de l’Eglise, pourrait faire un très grand bien. Ainsi, la question des Associations catholiques à opposer à la franc-maçonnerie. Pourquoi, le jour de leur première communion et de leur confirmation, ne ferait-on pas prendre aux enfants l’engagement de ne jamais faire partie d’aucune Société secrète? Je vous préviens que c’est une de mes idées fixes et que j’ai l’intention d’y revenir sans cesse dans mes prônes. Mais des travaux ad hoc pourraient rendre de très grands services.
Je suis à Lamalou depuis 5 ou 6 jours. Aucun Pèlerin n’y est parvenu; c’est très mal. Quel jour le pèlerinage arrive-t-il définitivement à Lourdes(2)? Je voudrais bien le savoir pour me régler en conséquence. Nous avons ici un temps suffocant. Et vous?
Bien vôtre, très cher, en Notre-Seigneur.
E.D’ALZON.
Il y a ici l’abbé Conil, vice-recteur de l’université libre de Paris. Je le vois tous les soirs.

